Vahid Halilhodzic et l'Algérie ont des atouts à faire valoir contre l'Allemagne. (Reuters)

Vers un Algérie-Palestine ?

La question se pose depuis longtemps, et elle a encore été évoquée auprès de Mohamed Tahmi, ministre algérien des Sports : «On est pour l’organisation d’un match amical entre l’équipe algérienne et celle de la Palestine. Ça permettra d’aider nos frères palestiniens. On est même prêts à prendre en charge tout ce qui concerne ce match.» confie-t-il sur les ondes de la radio nationale. Soutien indéfectible de la cause palestinienne, la posture de l'homme politique est idéologique, et ancrée dans la politique étrangère du pays. Mais de quel Algérie-Palestine ? Le calendrier des A est chargé avec la CAN 2015, et ensuite les éliminatoires à la CAN 2017 et au Mondial 2018, les dates FIFA se font rares pour organiser ce match. Et cela, le ministre le sait très bien, et il sait aussi que réglementairement l'Etat algérien n'a pas à s'ingérer dans les décisions de la fédération algérienne de football (FAF) : «Mais je tiens à vous dire que le dernier mot reviendra aux deux fédérations. Ce n’est pas au ministère de programmer un tel match. Les deux fédérations travaillent déjà en collaboration. Je peux vous dire que toutes les fédérations algériennes travaillent en collaboration avec les fédérations palestiniennes. En tant que ministère, on encourage de telles initiatives» explique-t-il.

Ce n'est évidemment qu'un souhait. Reste à savoir si Christian Gourcuff est prêt dans un agenda compliqué à griller une date FIFA contre le 108e au classement FIFA, et la quatorzième nation asiatique. Cela semble plus plausible avec l'équipe A' d'Algérie composée de joueurs locaux du Championnat dont l'ancien entraîneur de Lorient est également en charge. Très apprécié pour leur football dans le monde arabe lors du Mondial, les joueurs de l'équipe nationale algérienne n'avaient pas manqué de manifester leur soutien aux habitants de Gaza, en arborant le drapeau palestinien sur leur bus dans les artères d'Alger. Une rumeur partie de médias moyen-orientaux avait même annoncé que les joueurs de la sélection algérienne verseraient leurs primes aux habitants de Gaza. Grâce aux informations de Francefootball.fr, le nœud de l'histoire avait été dénoué. Les propos des Fennecs avaient été déformés. Plusieurs joueurs de la sélection avaient été interpellés par des médias sur la possibilité de se voir offrir de l'argent par la chanteuse émiratie Ahlem, qui avait promis 10 000 dollars par but inscrit face à l'Allemagne en huitième de finale de la Coupe du monde (défaite 2-1 après prolongation). «Nous n'en avons pas besoin, cela serait mieux de les reverser aux enfants de Gaza», avaient répliqué certains joueurs algériens.

Très apprécié pour leur football dans le monde arabe lors du Mondial, les joueurs de l'équipe nationale algérienne n'avaient pas manqué de manifester leur soutien aux habitants de Gaza, en arborant le drapeau palestinien sur leur bus dans les artères d'Alger.

Finalement via la Fédération Algérienne de Football (FAF), les joueurs de la sélection algérienne avaient  décidé d'octroyer 100 000 dollars aux enfants palestiniens. Par certains aspects, l'histoire de ces deux peuples se ressemble. Un peu comme l'Algérie dans la fin des années 50, avec son équipe du FLN, les Palestiniens ont déjà une sélection nationale reconnue par le monde avant d’être un Etat indépendant. Quant au match, si dans les faits, la Palestine existe sur la scène internationale du football, la réalité est d’une complexité sans nom pour les joueurs représentants leur pays. Ils viennent de partout : du Chili, de Pologne, de France ou d’Angleterre. Pourtant, rejoindre son équipe relève du parcours du combattant. La situation conflictuelle avec Israël est un frein qui rend l’évolution d’Al Fursan (Les Chevaliers, surnom arabe de la sélection) extrêmement difficiles.- Nabil Djellit