thauvin (florian) griezmann (antoine) (P.Lahalle/L'Equipe)
Amical

Verticalité, duels... : voici les ingrédients qui ont manqué à l'équipe de France face à l'Islande

Longtemps défaits par l'Islande, les Bleus ont dû s'en remettre à leur prodige Kylian Mbappé pour arracher le match nul (2-2). Une rencontre marquée par l'imprécision, le manque d'envie et peu d'idées.

Un peu de sérieux

C'est peut-être le risque d'être champion du monde. Après avoir conquis une deuxième étoile, comment aborder un match international, certes, mais amical ? Qui plus est face à l'Islande. Au Roudourou. Un jeudi soir. Si on s'attend évidemment à une exemplarité de tous les instants, les Bleus ont cette fois-ci manqué de sérieux, faisant presque preuve de nonchalance, sous-estimant peut-être un peu un adversaire qu'ils avaient mis en miettes lors de l'Euro 2016 (5-2). Un manque certain d'agressivité et d'envie reproché aux joueurs par Didier Deschamps lui-même, qu'il faudra impérativement gommer face à l'Allemagne mardi prochain en Ligue des nations. Le pedigree de la Nationalmannschaft devrait grandement y participer, le retour dans le onze de départ de certains incontournables aussi (Hernandez, Mbappé, Matuidi), mais c'est le genre de prestation à oublier, même si les Tricolores ont su arracher le match nul en fin de rencontre grâce à Mbappé et un brin de chance.

De la verticalité

Si l'attitude donnait parfois des airs de laisser-aller, tactiquement, les Bleus ont également eu toutes les peines du monde pour briser le bloc défensif islandais, solidement installé en 4-4-2. La défense, bien trop haute sur le terrain, ce qui créait un effet d'entassement, n'a pris que trop peu de risques à la relance, par exemple, laissant aux Nordiques tout le plaisir de venir presser sur des latéraux peu inspirés. Seul Paul Pogba su trouver quelques failles, par de longues ouvertures précises et tendues, notamment vers Ousmane Dembélé. Antoine Griezmann et Olivier Giroud, empêtrés entre des lignes compactes, n'ont quant à eux pas pu s'exprimer, hormis sur deux-trois actions.
Il a fallu attendre l'entrée de Tanguy Ndombele et Kylian Mbappé pour voir les Bleus se réveiller et prendre le dessus grâce à leurs individualités, notamment par la vitesse, la puissance et les inspirations des deux enfants de la région parisienne. Si c'est une constante chez les Bleus de ne jamais faire la différence sur attaque placée mais d'exceller sur attaque rapide, et que cela marche à merveille face aux grosses équipes, pas sûr que cela soit le cas face à des nations plus faibles, vaillantes et bien en place.

De l'abnégation dans les duels

Face à l'Islande, la clé du match se situe souvent là, dans les airs, épaule contre épaule et dans les différents chocs de la rencontre, aux quatre coins du terrain. Et ce jeudi, ce sont les Bleus qui ont été dépassés. En parfait exemple, la perte de balle de Presnel Kimpembe sur l'ouverture du score de l'Islande (30e). Le Parisien simulait grossièrement, espérant bénéficier d'une faute pour pouvoir dégager tranquillement depuis le poteau de corner. Au final, but pour les coéquipiers de Gylfi Sigurdsson, qui ont passé le plus clair de leur match à martyriser les Bleus dans les duels, à l'envie, comme à leur habitude. Un grand Hugo Lloris venait sauver les siens à de multiples reprises, et notamment sur corner, mais ce qui avait notamment fait la force de cette équipe de France à la Coupe du monde était cette fois-ci sa faiblesse. La faute à l'Islande, en grande partie, elle qui sait plus qui quiconque bousculer des rivaux annoncés comme favoris. L'Angleterre à l'Euro 2016 et l'Argentine au Mondial 2018 s'en souviennent.

Que les «outsiders» prennent leurs responsabilités

Kimpembe, Thauvin, Digne, Dembélé, Nzonzi. Cinq titulaires quelque peu inhabituels, et des déceptions. Car si les deux derniers ont servi une prestation plus que correcte, Dembélé se montrant certes imprécis dans le dernier geste mais très remuant, et Nzonzi fort dans son registre de double-pivot avec Pogba, les trois autres ont raté le coche. Kimpembe, coupable sur les deux buts, a du boulot pour bousculer la hiérarchie établie et le statut de Samuel Umtiti, tandis que Thauvin a pêché par ses choix, sa justesse technique et ne s'est pas mis dans les meilleures conditions, surtout niveau confiance.

Lire : Thauvin n'a pas saisi sa chance

Enfin, Lucas Digne, qui profitait de l'absence de Benjamin Mendy, ne s'est que rarement montré, hormis sur un centre bien délivré en direction de Griezmann. En retard sur de nombreuses interventions, l'ancien du Barça semble lui aussi bien loin du tandem Hernandez-Mendy (Benjamin, mais pourquoi pas aussi Ferland) pour une place dans les 23 Bleus à terme.

Débat : Kimpembe ou Thauvin, lequel a le plus laissé passer sa chance de se faire une place en équipe de France ?
Antoine Bourlon
Réagissez à cet article
500 caractères max