videmont (hugo) (L'Equipe)

Vidémont : «Diacre a tout cassé»

Laissé libre par Corinne Diacre de quitter Clermont cet hiver, Hugo Vidémont a choisi de poser ses bagages à l'AC Ajaccio début février après avoir réalisé toute sa jeune carrière en Auvergne. «Je n'avais plus rien à faire au CF 63 étant donné que la coach ne me faisait pas du tout confiance», explique le milieu offensif de 22 ans, «ravi» d'évoluer désormais sous les ordres d'Olivier Pantaloni.

«Hugo, vous avez rejoint l’AC Ajaccio dans les dernières heures du mercato d’hiver, dans quelles conditions s’est déroulée votre arrivée en Corse ?
J’ai reçu une offre de l’ACA le jeudi 29 janvier et le dimanche j’étais à Ajaccio, donc tout est allé très vite ! Le président de Clermont (Claude Michy, ndlr) m’avait appelé pour me dire qu’il mettrait un véto à mon départ, que je ne quitterai pas le club car j’avais encore plein de choses à faire. Seulement, la coach (Corinne Diacre), elle, a clairement dit que je pouvais résilier. C’était même un souhait de sa part puisqu’elle avait informé mon agent de cela. Ça m’a soulagé d’un côté, je n’avais plus rien à faire au CF 63 étant donné qu’elle ne me faisait pas du tout confiance. De toute façon, il y a quatre milieux qui ont quitté le club depuis le début de saison, ce sont quatre milieux excentrés (Billal Hamdi, Harry Novillo, Yannis Salibur et Hugo Vidémont), et même quatre dribbleurs.  De plus, il y a eu une rupture de contrat à chaque fois donc vraiment, je pense qu’elle a un problème avec ce genre de joueurs.

Êtes-vous soulagé d’avoir pu rapidement rebondir à l’ACA ?
Tout à fait, je suis super content d’être ici. J’ai été très bien accueilli, que ce soit par les joueurs ou par le staff technique. Pour l’instant, tout se passe au mieux même si nous n’avons pas les résultats espérés. On s’est également un petit peu fait voler sur les dernières rencontres, ce qui n’arrange rien. Mais ça va venir, je ne me prends pas la tête avec les résultats, je sais que nous allons nous maintenir. Il faut simplement assurer le plus vite possible notre place dans ce Championnat en vue de la saison prochaine.

Quel regard portez-vous sur toutes ces années passées au sein de votre club formateur, où vous étiez depuis l’âge de six ans ?
Clermont reste mon club de coeur, j’y suis très attaché. Je suis triste que ce soit fini de cette façon, pas que je ne sois pas heureux d’être à Ajaccio, au contraire. Je regrette simplement cette fin aussi brusque car ce n’était pas mon projet au départ, ni celui du club, qui n’avait pas d’intérêt à ce que je résilie mon bail. Après, l’entraîneure est arrivée et elle a cassé tout ce que nous avions construit depuis des années. Ça s’est mal terminé à cause d’elle mais je remercie l’équipe, que ce soit le président, le directeur sportif (Olivier Chavanon) ou les différents techniciens que j’ai pu côtoyer durant mon apprentissage. J’ai signé mon premier contrat pro ici, je ne l’oublierai jamais.

Vous avez disputé trois matches (trois titularisations) sous vos nouvelles couleurs depuis début février, comment jugez-vous ces premiers pas ?
Ce sont des débuts prometteurs mais je sais que je suis capable de bien plus. C’est normal que je ne sois pas encore à mon meilleur niveau, je n’étais plus titulaire avec Clermont mais ça reviendra vite avec la compétition. D’un point de vue collectif, il va falloir commencer à gagner des matches pour engranger les points, et sur le plan individuel, je dois me montrer décisif afin de rendre à l’entraîneur (Olivier Pantaloni) la confiance qu’il m’accorde depuis mon arrivée.

«J'aimerais bien que nous accrochions le top 10 mais il ne faut pas non plus se tromper d'objectif»

Entretenez-vous de bons rapports avec Olivier Pantaloni ?
Oui, très bons. J’ai eu un entretien avec lui lors de mon arrivée, tout s’est bien passé. Il m’a dit ce qu’il attendait de moi et il m’a même demandé à quel poste je préférais évoluer ! Ça faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu un entraîneur qui m’avait témoigné sa confiance à ce point... Cela me fait plaisir mais c’est bizarre. Par exemple, quand je reçois le ballon sur le terrain, il me dit de provoquer et de jouer comme je sais le faire. Avec la coach de Clermont, ce n’était pas du tout ça, elle voulait un jeu assez stéréotypé. Je suis vraiment ravi d’être avec Pantaloni désormais.

Le club est actuellement quatorzième de L2 avant son déplacement au Havre ce vendredi (20 heures), sentez-vous que l’ACA a le potentiel pour accrocher le top 10 ?
Je suis totalement d’accord là-dessus. Nous possédons un bel effectif, je l’ai constaté sur la qualité des entraînements où le niveau technique est très intéressant. Après, j’aimerais bien que nous accrochions le top 10 mais il ne faut pas non plus se tromper d’objectif. Si nous avions obtenu quatre points supplémentaires sur les matches contre Laval (0-0, 23e j.), où nous marquons à la fin mais notre but est refusé, et contre Auxerre (1-1, 25e j.) avec un cas de figure similaire, peut-être que nous pourrions un peu plus regarder vers le haut aujourd’hui. Il ne faut pas se leurrer, l’objectif est le maintien. Cela fait trois matches que l’on ne gagne pas et des matches difficiles vont encore arriver. Il faut donc rester concentrer sur cet objectif.»

Propos recueillis par Clément LACORD