fernandez (vincent) (L'Equipe)
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Vincent Fernandez, sportif dans l'âme

L'ancien gardien du Paris-SG et de Sochaux gère une salle de fitness à Châteauroux. Titulaire d'un certificat d'entraîneur de gardiens de but, il reste ouvert à un projet dans le football professionnel.

Il attendait un appel du séreil. Un défi à lamesure de ses ambitions. Des contacts ont été pris. Rien d'excitant. Alors, il a mis le foot de côté. Depuis septembre, Vincent Fernandez, quarante ans, gère une salle de fitness à Châteauroux. «Je ne voulais pas attendre éternellement une offre intéressante du milieu.» Salle de musculation, cardiotraining... Form&Fitness propose tous les services attendus. Avec, en sus, la touche personnelle de Fernandez. Puisée dans son expérience d'ancien pro. «J'ai installé un espace de récupération. Il y a une machine de cryobain et un système de cryothérapie (thérapie par le froid) Certains viennent y faire soigner des problèmes articulaires et ligamentaires. D'autres y trouvent un complément idoine à leur sortie d'un centre de rééducation. Des clubs voisins de basket-ball ou de tennis s'y ressourcent. Pas le cas des joueurs de la Berrichonne, pour le moment. «Mettre en place un partenariat avec Châteauroux me semble compliqué. J'aimerais bien, mais le club est en National. Il ne peut pas faire de folies.»

Tennis et course à pied

À défaut d'y apercevoir Terence Makengo, les fans de La Berri peuvent aisément converser avec Fernandez. Du matin au soir, il squatte l'accueil du centre. Pas question de donner des cours. Ceux-ci sont prodigués par des professeurs diplômés. Les plus chanceux peuvent tout de même l'apercevoir à quelques séances, tel un client lambda. Car Fernandez continue à faire du sport: de la course à pied et surtout du tennis, sa nouvelle lubie. Classé, il participe à des tournois, où il retrouve un peu ce qu'il a vécu pendant sa carrière. «Au foot comme au tennis, je me retrouve tout seul.» Autant de sports pratiqués ne sont pas le fruit du hasard. L'ancien portier entend rester en forme. Une condition indispensable à ses yeux. «Je gère une salle de sport. Je ne me vois pas bedonnant devant les clients quand même !»

Besoin de compétition

Le ballon rond reste néanmoins sa passion de toujours. Il a pris sa retraite en 2012, après huit saisons à La Berrichonne, et passé ses diplômes d'entraîneur. La première année, il décroche son brevet d'État. La deuxième, le certificat d'entraîneur de gardiens de but. Sur ces entrefaites, l'ex de Sochaux et Strasbourg découvre le milieu amateur. Il donne des cours spécifiques dans l'Indre. Une révélation. «C'était enthousiasmant. Je savais que les joueurs avaient passé une journée difficile. Ils font des efforts importants pour concilier vie professionnelle, vie familiale et football. Pourtant, ils adhéraient immédiatement à mon discours. Je sentais qu'ils venaient avec plaisir.»À Déols, son club référent, il encadre notamment des jeunes. Bizarrement, il y goûte peu. «J'ai besoin de compétition. J'ai toujours trouvé les entraînements rébarbatifs. Avant, je n'attendais qu'une chose: les matches.» Sans doute ne se reconnaissait-il plus dans le foot d'aujourd'hui. L'une des raisons pour lesquelles il avait justement raccroché les crampons. «Quand j'ai commencé, les joueurs jouaient pour le collectif. De nos jours, il s'agit plus d'un investissement individuel.» Reconverti dans le fitness, il n'a pas pour autant fait ses adieux au football. À demi-mot, il concède que ça lui manque un peu. Il essaie d'aller au stade Gaston-Petit quand son emploi du temps le lui permet. Il a beau soutenir ne pas être à l'affût d'une proposition, il avoue laisser la porte ouverte. «J'aimerais bien travailler pour un club de Ligue 1 ou de Ligue 2.» Il ne lui reste plus qu'à prendre son mal en patience.

Nick Carvalho
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