(L'Equipe)

Wesley Sneijder (Pays-Bas), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

31 mai-14 juin : dans exactement 14 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Quatre-vingt-septième épisode avec Wesley Sneijder.

Son histoire avec la Coupe du monde

Aux côtés de ses coéquipiers Arjen Robben et Robin Van Persie, Wesley Sneijder fut le symbole de la grande équipe des Pays-Bas des années 2000 et du début des années 2010. Celle qui fut finaliste de la Coupe du monde 2010, "LE" tournoi du meneur de jeu intériste, déployant toute sa classe et son talent, juste après une saison où il s'était déjà offert le triplé - Serie A, Coupe d'Italie, Ligue des champions - avec les Nerazzuri. Auteur de cinq buts - co-meilleur buteur du tournoi avec Diego Forlan, David Villa et Thomas Müller - et quatre fois élu "homme du match" sur les sept rencontres qu'ont disputé les Oranje en Afrique du Sud, le joueur formé à l'Ajax a régalé et s'est mué en patron pour enfin espérer soulever le graal ultime, qui échappe tant à son pays. Mais après les échecs de 1974 et 1978, du temps des Cruyff, Neeskens et autres Rensenbrink, les Pays-Bas ont une nouvelle fois flanché en finale face à l'armada espagnole (0-1), lors de la prolongation, laissant une autre grande génération néerlandaise aux portes de la consécration suprême. Sneijder est tout de même récompensé du Ballon d'argent pour ce premier Mondial en terres africaines. Si son nom ne restera pas gravé - littéralement parlant - sur cette récompense tant convoitée, le monde du football a su reconnaître la vision du jeu, l'altruisme, le jeu de passes, la frappe de balle et la grinta de ce véritable numéro 10 à l'ancienne, qualités qu'il avait déjà démontrées lors de sa première Coupe du monde en 2006 en Allemagne, avant de les faire briller une dernière fois il y a quatre ans au Brésil, où il fut une nouvelle fois décisif pour son pays, permettant de lui éviter l'élimination en huitième de finale contre le Mexique (2-1), avant de terminer troisième, dominant une nouvelle fois les Brésiliens, à domicile (3-0).

Le moment marquant

Son doublé à Port Elizabeth qui permit d'éliminer à lui seul le Brésil en quarts. Lors de cette finale avant l'heure dans cette Coupe du monde 2010, les Brésiliens prennent le match en main dès le début en ouvrant le score par Robinho, bien lancé en profondeur par Felipe Melo (0-1, 10e). Malmenée, la formation de Bert Van Marwijk réagit en seconde période et va dans un premier temps égaliser par son maître à jouer, bien aidé il est vrai par Julio Cesar, le portier brésilien et coéquipier de Sneijder à l'Inter, qui se troue sur un centre du n°10 (1-1, 53e). Dès lors, la confiance change de camp, et Wesley Sneijder remet ça un quart d'heure plus tard, en reprenant de la tête un corner - malgré sa petite taille d'1m70 - frappé par Arjen Robben et prolongé au premier poteau par Dirk Kuyt (2-1, 68e). Galvanisé, l'ancien Madrilène aurait même pu s'offrir un triplé en fin de match, si son tir du droit à bout portant dans la surface avait été plus précis (88e). Une performance XXL pour le maître à jouer batave, qui envoie son équipe en demi-finale.

Le chiffre : 6

Wesley Sneijder a inscrit six buts avec les Pays-Bas en trois participations à la Coupe du monde (5 en 2010, 1 en 2014). De fait, il est le deuxième meilleur buteur des Oranje dans l'histoire du Mondial - en compagnie de Dennis Bergkamp, Rob Rensenbrink, Arjen Robben et Robin Van Persie - derrière les sept unités de l'ancien Stéphanois Johnny Rep.

L'archive de FF

Deux jours après la demi-finale remportée par les Bataves contre l'Uruguay (3-2) à la Coupe du monde 2010, FF écrit : "Mardi, à la sortie du Green Point de Cape Town, les fans oranje, braillant ses louanges devant les caméras ou pas, ne juraient que par lui. En résumé, sans le bruit de fond des vuvuzelas, ça donnait : "Sneijder is fantastic ! Wesley is magic !". Pas vraiment besoin de traduction, surtout après avoir vu ce Pays-Bas-Uruguay, à l'issue duquel il a d'ailleurs décroché sa quatrième palme d'homme du match au cours de ce tournoi, une moisson record. Une fois de plus, le petit numéro 10 néerlandais, sans être extraordinaire, a impulsé, dirigé, distillé et même marqué son cinquième but de la compétition. Wesley Sneijder plane. Cela lui est déjà arrivé. pas plus tard que cette saison, ces derniers mois, ces dernières semaines, quand il a répondu présent dans les grands rendez-vous, avec le maillot de l'Inter sur le dos. En sélection au côté de Van Bronckhorst, le capitaine, il s'est enfin totalement imposé comme le taulier d'une maison orange, en apparence calme et tranquille comme elle ne l'a probablement jamais été dans toute son histoire. Lui prévient sobrement : "C'est génial ce que nous avons fait, mais avouez que ça serait bête de nous arrêter là". A vingt-six ans, peut-être l'âge de la plénitude, le voilà tout proche du sommet".

Joffrey Pointlane