Débarqué au GFC Ajaccio cet été, Amos Youga évoluait encore entre division régionale et CFA 2 lors de son passage à Saint-Priest il y a trois ans (L'Equipe)
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Youga : «La L2, ça ne se refuse pas»

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Youga : «La L2, ça ne se refuse pas»

Il y a un peu plus de trois ans, Amos Youga évoluait encore entre division régionale et CFA 2, tout en arrondissant ses fins de mois grâce à un emploi de facteur à La Poste. Arrivé cet été au GFC Ajaccio, le milieu récupérateur de 21 ans sera à coup sûr l'un des jeunes talents à surveiller cette saison en Ligue 2. Découverte.

«Amos, vous êtes engagé cet été pour un an au GFC Ajaccio après une saison passée à Vannes, comment se sont déroulés vos premiers pas au club ?
Pour l’instant, tout se passe pour le mieux. Les joueurs m’ont bien accueilli, il y a beaucoup de jeunes joueurs ici donc c’est assez facile pour l’intégration. De plis, j’avais déjà joué contre certains coéquipiers en National et je connaissais également Rafik Boujedra, que j’ai côtoyé au centre de formation de Lyon.

Vous deviez initialement rejoindre Colmar (National), pourquoi cela ne s'est-il pas fait ?
En fin de saison dernière, Christophe Gryczka, le président de Colmar, est venu me voir pour me dire qu’il souhaitait me faire venir au club. J’étais partant, même si l’entraîneur Damien Ott ne m’avait pas assuré une place de titulaire. Je n’ai bien sûr jamais demandé de garantie là-dessus, quand on arrive dans une nouvelle formation, on doit forcément se battre pour obtenir sa place. C’était quasiment fait, j’avais signé un pré-contrat mais le GFC Ajaccio m’a fait une proposition et je l’ai acceptée. Pour un jeune joueur comme moi, la L2, ça ne se refuse pas. Même s’ils étaient déçus, je pense que les dirigeants et le coach de Colmar pourront comprendre ma décision, c'était une opportunité à ne pas laisser passer.

Après Saint-Priest (2010-2011, CFA 2), Lyon (2011-2013, CFA) et Vannes (2013-2014, National), vous franchissez un nouveau palier avec la L2 et la signature de votre premier contrat pro...
Oui, tout à fait, et vous pouvez ajouter des passages en PHR et en DH avec Saint-Priest ! Je commence à avoir connu tous les niveaux seniors ! Après, je pense que le contrat pro ne signifie pas grand-chose au fond, il y a bien des joueurs qui jouent en Ligue 1 avec un bail de stagiaire… La L2 reste la L2, que je sois amateur ou professionnel au sein de cette division ne change rien !
«Cela me plaisait, j'avais mes sous de La Poste et mes sous du foot, c'était suffisant pour moi»
Au moins, avec le statut de professionnel, vous n’avez plus besoin d’être facteur à côté du football, comme lors de votre passage à Saint-Priest !
Cette année-là, je devais passer le bac mais je n’ai pas été autorisé à me présenter à l'examen car je n’avais pas trouvé d’entreprise. J’ai donc arrêté les cours et je suis parti travailler à La Poste. Un ami qui travaillait déjà là-bas m’a aidé à y entrer. A la fin de la saison avec Saint-Priest, je ne savais pas trop ce que j’allais faire. Auxerre me suivait de près mais on ne m’a finalement rien proposé. Dans ma tête, j’étais parti pour rester en CFA 2 et conserver mon job à côté. Cela me plaisait, j’avais mes sous de La Poste et mes sous du foot, c’était suffisant pour moi. Mais mon ancien agent m’a appelé et m’a révélé qu’il avait un club pour moi : Lyon. J’ai été très étonné sur le coup car j’étais passé par le centre de formation de l’OL plus jeune, et je n’avais pas été conservé.

C’est d’ailleurs lors ce deuxième passage chez les Gones que vous avez commencé à jouer de temps en temps milieu récupérateur...
J’ai toujours été défenseur central, mais lors de ma dernière saison là-bas, l’entraîneur Stéphane Roche m’a un peu utilisé au milieu de terrain avant que Thierry Froger me repositionne également à ce poste avec Vannes.

Où vous sentez-vous le plus performant ?
Ce que j'apprécie avant tout en milieu de terrain, c’est qu’on voit souvent le ballon. Quand tout va bien, autant jouer au milieu et quand tout va mal, autant rester derrière et se contenter de bien relancer ! A la récupération, on est vraiment impliqué dans le cœur le jeu. On peut se porter vers l’avant, c’est un bon poste car on a un peu les commandes.
L'ancien Vannetais se dit prêt pour la reprise du Championnat face à Valenciennes, vendredi prochain (L'Equipe)
L'ancien Vannetais se dit prêt pour la reprise du Championnat face à Valenciennes, vendredi prochain (L'Equipe)
Avec 14 cartons jaunes et 1 rouge récoltés en 28 matches lors du précédent exercice, vous avez terminé en tête du classement des joueurs les plus sanctionnés en Championnat. Avez-vous reçu des recommandations du staff ajaccien à ce sujet ?
J’ai pris beaucoup de cartons sur les premières journées de la saison, mais c’était plus des sanctions engrangées pour de la parlotte avec les arbitres ou avec les adversaires. Je n'ai jamais porté de mauvais coups. Après, que je sois défenseur ou milieu de terrain, je dois forcément jouer physique un moment donné, il faut se faire respecter ! Je dois bien sûr un peu me calmer, j’en ai parlé avec l’entraîneur (Thierry Laurey), nous ne sommes clairement pas assez nombreux au sein de l’effectif pour nous permettre d’avoir trop de joueurs suspendus.

Vous avez réalisé de bonnes performances en amical face à Nîmes (0-0), le SC Bastia (0-0) et le CA Bastia (6-2), contre qui vous avez marqué. De bon augure pour aborder la reprise vendredi prochain…
Oui, je me sens bien, mais l’entraîneur a fait beaucoup tourner lors de la préparation estivale. Il teste en faisant jouer des milieux de terrain en défense ou des ailiers en pointe par exemple. A mon avis, nous en saurons plus ce vendredi contre Livourne (2e division italienne), pour notre dernière rencontre de préparation. C’est là que l'équipe-type sera probablement alignée, à une semaine de la reprise.

Vous allez recevoir Valenciennes en ouverture du Championnat, comment voyez-vous cet adversaire ?
C’est une belle opposition, nous serons directement plongés dans le grand bain. J’ai vu qu’ils n’avaient plus beaucoup de joueurs sous contrat, nous en avons d’ailleurs profité pour récupérer Grégory Pujol et David Ducourtioux. Nous verrons bien comment cela se passera !»

Propos recueillis par Clément LACORD
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