(L'Equipe)
CM - Les 100 de FF

Zico (Brésil), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

11 juin - 14 juin : dans exactement 3 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Quatre-vingt dix-huitième épisode avec Zico.

Son histoire avec la Coupe du monde

Pour beaucoup, Zico fait parti des meilleurs joueurs brésiliens de tous les temps, en compagnie de Pelé, Garrincha, Rivelino, Romario et Ronaldo. A un détail près : Zico n'a jamais soulevé la Coupe du monde. Un trophée qui manque cruellement au palmarès du meneur brésilien, lui qui voulait faire sa place aux côtés des «plus grands» de l'histoire de la Seleçao. Même s'il a été membre du fameux «Brésil 82» en Espagne, alors considéré dans le monde entier comme la meilleure équipe du Brésil de tous les temps. Survolant la phase de groupes en enregistrant trois victoires en autant de matches (10 buts marqués, 2 encaissés), le Brésil des Zico, Socrates, Falcão, Eder et Junior n'avait besoin que d'un nul face à l'Italie pour se qualifier pour les demi-finales. Mais les artistes, voulant à tout prix assurer le spectacle, se sont fait prendre au piège et un triplé de Paolo Rossi, futur Ballon d'or FF, a renversé la vapeur (3-2). Zico et sa formation étaient éliminés, provoquant une cruelle désillusion au pays de la samba, toujours marqué par le Maracanazo de 1950 malgré les trois titres glanés en 1958, 1962 et 1970.
Zico a émerveillé les amoureux du football par sa grâce, sa vision du jeu hors norme et sa technique inimitable
Ce Mondial est tout de même resté une satisfaction sur le plan personnel pour Zico, qui a démontré aux observateurs qu'il savait tout faire sur un terrain - dribbler, passer, tirer les coups francs - et a offert à ses partenaires des occasions à la pelle. Quatre ans plus tard, en 1986, le «Pelé blanc» savait qu'à 33 ans, le tournoi aztèque serait sa dernière chance d'enfin toucher le Graal. Emmenée une nouvelle fois par la solide colonne vertébrale brésilienne et par son buteur Careca, la Seleçao, apparue pourtant plus solide et plus équilibrée, a échoué en quart de finale lors d'un match de légende contre la France de Michel Platini (1-1, 3-4 t.a.b), encaissant d'ailleurs son seul but dans la compétition. Un destin cruel pour le Carioca, qui a finalement enregistré sa meilleure performance dans la plus prestigieuse des compétitions chez le voisin honni argentin, en 1978, terminant troisième d'une édition plus que controversée. Malgré ce gros manque dans sa vitrine, Zico a émerveillé les amoureux du football par sa grâce, sa vision du jeu hors norme et sa technique inimitable.

Le moment marquant

La tension est insoutenable ce 21 juin 1986 à l'Estadio Jalisco de Guadalajara. Français et Brésiliens sont à égalité 1-1, Platini (41e) ayant répondu à un but de Careca (17e), et les occasions se multiplient de part et d'autre en deuxième période. Sous une chaleur étouffante, les Brésiliens combinent magnifiquement et à vingt minutes de la fin du temps réglementaire, au terme d'une contre-attaque auriverde, Joël Bats accroche Braco dans la surface de réparation (71e). L'arbitre n'hésite pas et siffle le penalty. Les Brésiliens, à l'image de Branco et Alemão, se congratulent, comme si l'avantage était acquis d'avance. Mais Zico s'élance et voit son tir repoussé par Joël Bats. S'il prend sa revanche lors de la séance des tirs au but sur le gardien français, Socrates et Julio César manquent leurs tentatives et permettent à la France de disputer les demi-finales.

Le chiffre : 4

Avec 4 buts, Zico a terminé meilleur buteur de la Seleçao à la Coupe du monde 1982 en Espagne, et a délivré également 4 passes décisives. Un tournoi tout simplement réussi pour le «Pelé blanc», alors que son équipe a échoué à se qualifier pour les demi-finales.

L'archive de FF

En 1998, lors d'une revue d'effectif des joueurs qui ont marqué l'histoire de la Seleçao, FF écrit sur le meneur de jeu carioca : «Celui que Socrates appelait ''le Roi''. La star des stars, c'était lui. Beau, fin, élégant, merveilleux et talentueux technicien, buteur aussi, Arthur Antunes Coimbra, dit ''Zico'', savait absolument tout faire. Impossible de ne pas aimer ou ne serait-ce qu'apprécier l'évidence même du talent du joueur de Flamengo (1971-1983 puis 1985-1989). Celui qui a su émerveiller le jeu de ce fameux "Brésil 82", en Espagne, à 29 ans, où il s'est rendu au sommet de son expression. Il l'a prouvé en inscrivant notamment quatre buts, dont un coup-franc somptueux face à l'Ecosse et une volée acrobatique magnifique contre la Nouvelle-Zélande. Un artiste, un vrai, qui a fait aimer le football à beaucoup d'amoureux du ballon rond. Un des plus géants de l'histoire du jeu, et l'un des plus grands joueurs de l'histoire en compagnie de Michel Platini et Johan Cruyff, à n'avoir jamais soulevé le titre suprême. Un métronome, un chef d'orchestre animé par une envie débordante de faire le spectacle sur les pelouses espagnoles, victime finalement d'un collectif trop suffisant, lors de ces trois participations au Mondial, pour marquer l'histoire.»
Joffrey Pointlane
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