Soccer Football - Africa Cup of Nations 2019 - Round of 16 - Morocco v Benin - Al Salam Stadium, Cairo, Egypt - July 5, 2019  Morocco's Hakim Ziyech looks dejected        REUTERS/Mohamed Abd El Ghany (Reuters)
CAN 2019

Ziyech, Pépé, les stades... Les déceptions de la Coupe d'Afrique des nations 2019

La 32e édition de la Coupe d'Afrique s'est clôturée ce vendredi avec le deuxième sacre de l'histoire de l'Algérie. Si l'équipe de Djamel Belmadi a impressionné, certaines sélections ont beaucoup déçu. Mais pas que...

L'Egypte

C'est peut-être l'une des plus grosses déceptions de cette Coupe d'Afrique. Devant son public, l'Egypte est sortie prématurément et par la petite porte en huitièmes de finale face à l'Afrique du Sud. Au regard du niveau de jeu produit par les Pharaons, ce n'est pas une surprise. Durant toute la compétition, l'Egypte ne s'est reposée que sur ses deux individualités à savoir Mohamed Salah et Mahmoud Trezeguet. Même si elle parvenait à sortir avec trois victoires en trois matches de poules, ce n'était en réalité que des victoires en trompe-l'œil. Les hommes de Javier Aguirre n'ont jamais été flamboyants et ont même parfois été malmenés comme face à l'Ouganda. Bien loin de cette génération dorée qui réalisait le triplé en remportant la CAN 2006, 2008 puis 2010, l'Egypte a déçu avec ce visage aussi pauvre à domicile.

Le Maroc

L'autre grosse déception de cette CAN, c'est évidemment le Maroc. Cette année semblait être l'année ou jamais pour les Marocains. Un groupe arrivé à maturité, des joueurs qui sortaient d'une grosse saison, un entraîneur «spécialiste» de la compétition et pourtant le Maroc a quitté la compétition bien trop vite, en huitièmes de finale face au Bénin. Au regard de l'effectif des Lions de l'Atlas, cette élimination est un véritable coup de massue, surtout pour les supporters qui rêvaient de revoir ce trophée qui leur échappe depuis 1976. D'autant plus que le début de compétition du Maroc pouvait laisser espérer de meilleures choses. Trois victoires avec un match solide et presque référence face à la Côte d'Ivoire mais les hommes d'Hervé Renard devaient lutter davantage face à des bloc bas. Face au Bénin, ils se sont heurtés au même problème que face à la Namibie et l'Afrique du Sud, mais n'ont pas su faire la différence pour se qualifier. Une énième désillusion pour la génération de Boussoufa et El Ahmadi qui, malgré un talent certain, n'aura jamais gagné.  

Hakim Ziyech

Il était l'une des stars attendues de cette Coupe d'Afrique. L'équation était claire : sans un grand Hakim Ziyech, le Maroc ne pouvait rêver d'une deuxième étoile. Et malheureusement pour les Marocains, le maître à jouer de l'Ajax est passé au travers de cette Coupe d'Afrique, en témoigne son penalty manqué à la 90e+5 face au Bénin, qui causait sans aucun doute l'élimination des siens. Auteur d'une saison exceptionnelle avec l'Ajax Amsterdam (sans doute la meilleure de sa carrière), le Marocain avait pourtant réalisé une bonne préparation avec les Lions de l'Atlas (2 buts) et était considéré comme l'élément offensif clé pour Hervé Renard (12 buts en 24 sélections). Et pourtant, il apparaissait largement en dessous, surtout physiquement. Son manque de fraicheur ne l'a pas aidé, surtout qu'il aura dû jouer tous les matches du Maroc. Hakim Ziyech s'est heurté à la dure réalité du football africain, lui qui jouait sa première CAN. Le maestro marocain devra relever la tête après cet échec.

Nicolas Pépé

Révélation du Championnat de France cette saison avec 22 buts et 11 passes décisives, Nicolas Pépé n'aura pas su briller avec la Côte d'Ivoire dans cette Coupe d'Afrique. Pas au niveau physiquement, l'ailier de 24 ans a même fini par perdre sa place dans le onze type au profit de Wilfried Zaha. Lui qui découvrait la Coupe d'Afrique mais surtout le football africain (avant la CAN, il n'avait disputé que 9 petits matches avec les Eléphants), n'aura jamais su faire la différence sur son couloir droit au contraire de ses coéquipiers Max-Alain Gradel et Wilfried Zaha. Le Lillois a peut-être aussi souffert de sa réputation. Avec sa saison, les défenseurs étaient prévenus et ont parfaitement su gérer le un contre un avec Pépé. Souvent bien muselé, il a connu une première expérience délicate. Une expérience qui par contre lui servira sans doute à l'avenir, lui qui incarne le futur d'une sélection ivoirienne vieillissante et qui cherche peu à peu à se renouveler.

Les stades vides

Si vous avez regardé un match de cette Coupe d'Afrique, vous avez forcement remarqué que la plupart des stades étaient quasiment vides. Une faible affluence qui n'a pas aidé à donner une meilleure image du football africain souvent décrié. Le contraste est encore plus flagrant avec les matches de l'Egypte. Un stade de 70 000 places rempli parfois 2 heures avant le coup d'envoi pour les Pharaons et à peine 10 000 personnes sur les autres rencontres. Les raisons de ce manque d'affluence sont diverses. Outre le chauvinisme connu du peuple égyptien qui s'est totalement désintéressé de la compétition après l'élimination des Pharaons, la grille tarifaire jugée excessive avait également provoqué la colère des supporters. Ajoutez à cela une attribution tardive de la CAN à l'Egypte qui n'a pas pu mettre en place un vrai dispositif d'accueil pour les fans et vous obtenez des stades au trois quarts vides. On notera peut-être aussi un manque d'aide des fédérations pour les supporters des autres sélections avec sans doute aussi une incapacité économique pour certains. La CAF a même été obligée de distribuer des places gratuites pour la finale afin de remplir le stade. Un problème récurrent en Afrique qui devrait toujours être présent en 2021 au Cameroun si les instances ne changent pas de braquet...

Hanif Ben Berkane

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letidup 21 juil. à 9:52

Stades vides, football de niveau national 1, ambiances délétères en France, il était temps que tout ça se termine

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