aguilar (ruben) (S.Thomas/L'Equipe)
Ligue 1 - Montpellier

Aguilar (Montpellier) : «Notre force défensive est un mélange d'expérience et de jeunesse»

Durant la trêve, Ruben Aguilar a répondu aux questions de France Football sur la belle première moitié de saison de Montpellier, meilleure défense de Ligue 1. Mais aussi sur ses débuts dans l'élite et son rôle de piston, ô combien important dans le système héraultais.

«Comment se sont passés vos six premiers mois à Montpellier ?
J'ai eu la chance d'arriver à la reprise le 26 juin (NDLR : en provenance d'Auxerre), j'ai fait une semaine et puis j'ai eu une petite complication à cause d'une entorse à la cheville qui m'a éloigné des terrains pendant un mois. Mais j'ai patienté jusqu'à mon retour, j'ai été dans le groupe pour mon premier match avant d'être titulaire pour la première fois contre Troyes (victoire 0-1). Puis j'ai enchaîné les matches, que ce soit à gauche ou à droite. Quand je suis arrivé à Montpellier, personne ne m'a dit "Ruben tu vas jouer tout de suite", c'était à moi de montrer mes qualités et ma force pour m'adapter au club et à l'effectif et pouvoir jouer le plus de matches possibles.

Comment avez-vous vécu le passage de la Ligue 2 à la Ligue 1 ?
Il y a une différence de niveau. La Ligue 1, c'est le top. Ça va plus vite, il y a moins d'erreurs, donc il faut tout le temps être concentré. Il faut analyser le jeu et voir si on a un coéquipier démarqué avant même de recevoir la passe, et la vitesse d'exécution est forcément importante. Mais j'ai aussi la chance de côtoyer de bons joueurs au sein de notre effectif, je progresse de jour en jour et j'apprends pour être le meilleur possible le week-end.

Montpellier est 7e avec la meilleure défense de L1. Quel est l'objectif du club cette saison ?
En début de saison, l'objectif était d'accrocher le maintien. Après, avec notre première partie de saison convaincante, on se dit pourquoi ne pas essayer de continuer à prendre le plus de points possibles et voir où ça nous mènera au terme de la saison, peut-être dans la première partie de tableau.
«On apprend des joueurs d'expérience comme Hilton. Vito, c'est une machine».
Expliquez-nous un peu ce qui fait votre force défensive...
C'est un mélange d'expérience et de jeunesse. On reste très soudés à l'entraînement et en match. Le coéquipier qui est devant moi et celui qui est derrière moi vont faire les efforts et ça sera pareil pour moi, je vais toujours me dépouiller pour mes coéquipiers. Et on apprend des joueurs d'expérience comme Hilton. Vito, c'est une machine. Donc quand il nous donne des conseils, on écoute et on les met en pratique directement.

A Auxerre, vous étiez latéral droit dans une défense à quatre. Comment vous êtes-vous adapté à votre nouveau rôle à Montpellier, assez différent de celui d'un latéral droit classique ?
La saison dernière, à Auxerre, on avait joué quelques matches à cinq derrière. C'est un système qui demande beaucoup d'efforts mais qui me plait beaucoup. Aujourd'hui, le coach (Michel Der Zakarian) nous donne des conseils et on apprend. Que ce soit défensivement ou offensivement, il faut être présent et c'est vrai que ça change un peu du poste de latéral droit dans une défense à quatre.
Et quels sont les conseils de Michel Der Zakarian ?
A la base, on est défenseur, il ne faut pas qu'on l'oublie, même s'il y a encore trois joueurs derrière quand les pistons montent. Après, notre rôle est d'accompagner les attaques quand on peut, donc il ne faut pas avoir peur d'aller de l'avant. C'est un peu au feeling, quand on sent qu'il y a des espaces on peut accélérer et aller près du but pour éventuellement finir par un centre à l'opposé. Mais personnellement, je pense avant tout à défendre et le reste, c'est du bonus.

Savez-vous que vous étes le joueur du MHSC qui tente le plus de dribbles cette saison après Jérôme Roussillon ?
Vous m'apprenez quelque chose, je ne savais pas du tout.

Lire : le FC Séville intéressé par Jérôme Roussillon

Ça vous surprend ? Qu'est-ce que ça traduit de votre jeu ?
Honnêtement, je ne suis pas un énorme dribbleur. C'est assez surprenant mais c'est flatteur. Avec Jérôme, il faut quand même qu'on participe au jeu offensif, qu'on amène des centres, des frappes, qu'on combine, donc c'est vrai que le dribble peut faire partie de notre jeu mais je ne pensais pas que j'en tentais autant.
Vous avez été formé au poste de milieu défensif. Est-ce que des aspects de ce poste vous servent encore aujourd'hui ?
Ça m'a permis d'être plus rigoureux et d'avoir une plus grosse concentration. C'est quelque chose que j'ai toujours eu et que j'essaye de mettre à profit à chaque match.

Jouez-vous à Football Manager ?
(rires) Non pas du tout, mais je sais de quoi vous allez me parler.

Vous avez été appelé par la sélection bolivienne à cause de ce jeu...
C'est assez fou. J'apparaissais avec la nationalité bolivienne mais en réalité, mon père est né en Espagne et non en Bolivie. Ça a pris de l'ampleur après le match contre le PSG et les journalistes boliviens ont accentué la chose. Apparemment, on parlait beaucoup de moi là-bas et j'ai dû faire un communiqué sur ma page pour dire que je n'avais pas de passeport bolivien.
Blague à part, est-ce que dans un petit coin de votre tête, vous pensez à une carrière internationale ?
N'importe quel joueur professionnel a envie de représenter son pays. Mais honnêtement je n'y pense pas du tout, parce qu'il me reste beaucoup de paliers à franchir et j'espère surtout jouer le plus de matches possibles cette saison.

Pas même quand vous voyez la récente convocation de Benjamin Pavard, pas forcément attendue ? Vous ne vous dites pas : "pourquoi pas moi un jour" ?
Ça sera peut-être possible un jour mais pour le moment, je ne suis vraiment pas dans cette optique. Ce sont des joueurs qui ont fait quelques années au haut niveau, moi je n'ai fait que quatorze matches donc j'ai encore tout à prouver.

Montpellier est le bon club pour continuer à se développer ?
Oui, le MHSC est un très bon club pour s'aguerrir, continuer à jouer comme je le fais et prendre du plaisir.»
Antonin Deslandes
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