(L'Equipe)
CM - Les 100 de FF

Fabio Cannavaro (Italie), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

22 mars - 14 juin : dans exactement 84 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Dix-septième épisode avec Fabio Cannavaro.

Son histoire avec la Coupe du monde

L'histoire entre Fabio Cannavaro et la Coupe du monde n'a pas toujours ressemblé à un long fleuve tranquille. Accumulant les frustrations en 1998 et 2002, il prend sa revanche de la plus belle des manières lors de sa troisième tentative en 2006 : il soulève le trophée dans le ciel berlinois, brassard de capitaine accroché au bras. Titulaire en défense lors du Mondial français en 1998 aux côtés d'Alessandro Costacurta, il voit son pays éliminé par les Bleus aux tirs au but en quart de finale. Il ne peut rien non plus face à la Corée du Sud, co-organisatrice de l'édition 2002, contre laquelle l'Italie se fait sortir par un but en or, inscrit en toute fin de prolongation. Une rencontre marquée par d'incroyables erreurs d'arbitrage en défaveur de la Nazionale. C'est donc avec la rage au ventre que le défenseur de la Juventus attaque le rendez-vous allemand quatre ans plus tard. Et il ne se loupe pas. Tout au long de ce tournoi, il parvient à stopper les attaques des équipes adverses sans être sanctionné d'un seul carton jaune. Il est le symbole d'une Squadra Azzura particulièrement accrocheuse mais louée pour sa rigueur défensive. Le meilleur exemple : son match en demi-finale face au pays organisateur, l'Allemagne, à Dortmund, où il réalise une performance absolument titanesque. Il ne baisse pas de régime en finale contre la France face à laquelle son pays triomphe aux tirs au but. Cette victoire, ainsi que ses prestations, lui permettent de remporter le Ballon d'Or France Football 2006, Cannavaro étant aujourd'hui le dernier défenseur à avoir soulever le trophée individuel. Il sort néanmoins par la petite porte en 2010, les champions du monde en titre se faisant éliminer dès les phases de poule sans gagner un seul match.

Le moment marquant

Sa prestation face aux protégés de Jürgen Klinsmann en demi-finale reste à coup sûr l'une des plus grandes performances défensives dans l'histoire de la Coupe du monde. Durant 120 minutes, il remporte tous ses duels face au duo d'attaque Klose-Podolski. Ballons aériens, tacles, interceptions : l'intéressé met en évidence toute sa palette défensive. Son assurance, son expérience et son sang-froid restent parmi les éléments clés du dénouement de cette demi-finale. Il sera même à l'origine du second but de son équipe en prolongation : après un long ballon en direction de la surface de réparation italienne, Fabio Cannavaro s'impose une première fois de la tête, puis une deuxième fois de la poitrine après un mauvais contrôle de Podolski. Il passe ensuite à Totti qui lance Gilardino dans la profondeur, avant que l'attaquant du Milan ne serve Alessando Del Piero qui se chargeait de conclure d'un plat du pied droit dans la lucarne opposée de Jens Lehmann.

Le chiffre : 18

Comme le nombre de matches disputés par Fabio Cannavaro en Coupe du monde, en quatre phases finales (1998, 2002, 2006 et 2010). Surtout, il a joué tous ses matches en tant que titulaire et disputé l'intégralité de ses dix-huit rencontres. Il aurait pu faire monter à dix-neuf son nombre de participations s'il n'avait été pas suspendu pour le huitième de finale face à la Corée du Sud en 2002 (1-2 a.p.).

L'archive de FF

En juillet 2006, quelques jours après le sacre des Italiens, FF écrivait : «Avant de partir pour l'Allemagne, il (Cannavaro) avait dû essuyer le feu nourri de la critique. Pour cette vilaine faute sur Mudingayi lors de Juve-Lazio, fin avril ; et surtout pour la révélation des écoutes téléphoniques où Cannavaro faisait copain-copain avec Moggi avant même le transfert de l'Inter à la Juve (été 2004). Des voix s'étaient élevées : ''Cannavaro ne mérite plus le brassard.'' Mais le capitaine sera conforté par Marcello Lippi et Guido Rossi, le commissaire fédéral. Après tout, n'a-t-il pas été convoqué que comme simple témoin dans le cadre de l'enquête sur la GEA World et la famille Moggi ? Au même titre, du reste, que David Trezeguet, qui s'était présenté à Rome la même matinée que lui, début juin, pour être entendu par les magistrats... Le défenseur originaire de Naples a de toute façon mis tout le monde d'accord. Il a balayé toutes les critiques, toutes les attaques, en disputant un Mondial monumental, de la première à la dernière rencontre. Du match face au Ghana, à Hanovre, à la finale de Berlin, jour de sa 100e sélection. ''Fabio a été immense dans cette Coupe du monde, n'a pas hésité à déclarer Diego Maradona. Sans hésitation, il doit être considéré comme le meilleur de la compétition.'' Paroles élogieuses du Pibe de Oro. Celui qu'à seize ans, encore joueur de la Primavera, Cannavaro avait ''séché'' lors d'un entraînement avec les ''grands'', provoquant une réaction d'effroi parmi les dirigeants présents ce jour-là à Soccavo. ''Il n'y a aucun problème. Ne les écoute pas'', lui avait glissé Maradona. ''Tu en as fait, du chemin'', lui dira-t-il, une fois Cannavaro devenu titulaire du Napoli. En effet, il en a parcouru du chemin, le Fabio, depuis ses premiers pas à l'Italsider, club corpo de Naples. Il est monté sur la plus haute marche. En capitaine, comme ''Dieguito'' vingt ans plus tôt au Mexique.»
Joffrey Pointlane

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