BARCELONA, ESPANA - SEPTIEMBRE 14: Gameiro avanza en el ataque sevillista hacia el area de Valdes en el partido entre el FC Barcelona vs Sevilla FC, jornada 4 de la Liga BBVA 2013-2014 en el Estadio del Camp Nou el 14 de Septiembre de 2013 en Barcelona, (L'Equipe)

Gameiro : «J'espère que ce sera mon année»

L'attaquant du FC Séville ouvre sa saison ce mardi avec la Supercoupe d'Europe face à l'ogre FC Barcelone. Si Kevin Gameiro se plaît en Espagne avec de nombreux compatriotes (Rami, N'Zonzi, Kolodziejczak, Trémoulinas, Kakuta), il espère pouvoir enfin effectuer une saison pleine. Loin des pépins physiques.

«Cela fait désormais deux ans que vous avez quitté le PSG et le Championnat de France. S’il fallait faire un mini-bilan, que diriez-vous ?
Depuis que je suis arrivé ici, on a gagné deux titres, deux fois la Ligue Europa (2014 et 2015), il y a une bonne ambiance dans le groupe. C’est vraiment une bonne vie. Le Championnat est exceptionnel, tu joues tout le temps au ballon.
 
Et personnellement ?
On peut toujours avoir mieux. J’avais une grosse concurrence pendant deux ans avec Carlos Bacca (NDLR : parti au Milan AC cet été) qui marquait beaucoup de buts (52 réalisations en deux ans toutes compétitions confondues). Quand j’entrais en jeu, je faisais mes matches. Maintenant, ils ont recruté un nouveau numéro 9 (NDLR : Ciro Immobile, prêté par le Borussia Dortmund), et ce sera la même concurrence, je le sais. À moi de continuer sur cette lancée et pourquoi pas gagner cette place de titulaire. Mais j’ai souvent des problèmes de blessures, ça me freine un peu dans mes saisons. Il faut laisser ça derrière et continuer à avancer. Cette année, je touche du bois, j’espère que je n’aurais pas trop de blessures.
 
Vous y pensez souvent à ce physique fragile ? C’est une crainte ?
Non pas du tout. Je me souviens avoir eu ma première blessure à Séville quand je venais d’arriver. Il y avait le changement de température, je suis parti de Paris il faisait 20-25 degrés, ici, il en faisait 45 (rires). Donc mon corps a subi. Ensuite, ma deuxième grosse blessure, c’était au genou. J’ai eu du mal à le soigner et j’avais fait deux ou trois rechutes. C’est une carrière de footballeur, je ne me prends pas trop la tête par rapport à ça. Si je suis blessé, je suis blessé !

«En Espagne, c'est rare de voir un 0-0»

Côté terrain, avec du recul, la Liga, c’est ce qui vous correspond le mieux ?
Je suis venu ici pour le jeu espagnol. Quand j’étais à Paris, j’avais déjà failli signer à Valence. J’ai toujours voulu jouer dans ce Championnat. Que ce soit le premier ou le dernier, toutes les équipes essaient de jouer au ballon. Et pour un attaquant comme moi, c’est mieux, car il y a plus d’espaces.
 
Mieux que la Ligue 1 donc…
C’est différent. La Ligue 1 est beaucoup plus fermée. En Espagne, c’est rare de voir un 0-0.
 
C’est assez exceptionnel ce que Séville arrive à réaliser depuis deux ans. L’Europe vous a découvert, comment avez-vous vécu cela de l’intérieur ?
C’est quand même un club qui a une histoire. Un club familial où il y a beaucoup de valeurs. Depuis deux ans et demi, un groupe s’est formé avec le coach (Unaï Emery). Une mentalité s’est installée.
 
La nouvelle saison qui démarre risque d’être intense avec la Ligue des champions. Vous avez envie de passer un palier avec Séville ?
On est dans la continuité et on espère faire mieux que l’an passé en Liga. Chose qui ne va pas être simple. On avait fait une très bonne saison, on avait terminé cinquième et on avait atteint les 76 points, le meilleur total de l’histoire du club. Pourquoi ne pas aller chercher la troisième ou la quatrième place ? Pour l’instant, il n’y a pas d’objectif particulier mais si tu veux que le club grandisse, à un moment donné, il faut franchir un palier, et celui-là peut être intéressant. En plus il y a la Ligue des champions. Et avec l’ambiance qu’on a dans le stade de Séville, je pense que les supporters sont très heureux de notre retour dans cette compétition. Ce stade, c’est exceptionnel, il faut le vivre pour le croire.

«Je ne parle plus espagnol !»

Collectivement, Séville est devenu l’Arsenal de la Liga avec ses six Français en plus de Krychowiak et Mariano qui ont déjà joué en Ligue 1…
On est souvent ensemble forcément. Maintenant, c’est un peu malheureux pour mon Espagnol parce que je ne parle plus espagnol (rires).
 
Et qui fait les meilleures blagues ?
C’est Rami… Mais il n’est pas toujours drôle ! (il sourit).
 
Il ne faudra pas rigoler face au Barça mardi soir !
C’est une coupe à gagner ! C’est le premier match officiel de la saison donc je ne pense pas que les deux équipes soient à 100% sur ce match. On veut l’emporter même si on sait que le Barça est costaud. À nous de ne pas avoir peur d’eux.
 
Prêt à vous battre pour la place de titulaire ? 
Je veux avant tout jouer le plus grand nombre de matches sans être embêté par les blessures. Mais il y aura beaucoup de matches. Je connais le coach, je sais comment il agit, il aime bien faire tourner. Je suis confiant. Ça fait deux ans que je suis là et j’espère que ce sera mon année.
 
Et si l’année est bonne, vous penserez à l’équipe de France ?
Bien sûr que j’y pense, je n’ai que 28 ans (rires). On sait comment ça se passe dans le foot : dès que tu fais une bonne saison, et que tu marques beaucoup, ça change tout. À moi de me montrer et pourquoi ne pas réintégrer cette équipe de France. Mais je ne me prends pas plus la tête que ça. Du moment que je fais mes matches en club, après, ça viendra naturellement. Ça me ferait plaisir de porter ce maillot à nouveau et je vais tout faire pour.»
 
Timothé Crépin, @T_Crepin