warmuz (guillaume) drobnjak (anto) (L'Equipe)
Rétro

Lens : la victoire qui change tout

Comme chaque semaine, FF.fr vous propose de jeter un coup d'oeil dans le rétro. Cette semaine, retour au 29 mars 1998 quand Lens et Metz se sont disputés un match importantissime pour le titre de champion.

«Le vainqueur du match sera difficile à aller chercher.» Le Lensois Éric Sikora en est conscient, le titre de champion de France se joue ce dimanche soir, au stade Saint-Symphorien. En début de saison, personne n'aurait imaginé pareil scénario. Et, surtout, pareils protagonistes. Les têtes d'affiche de cette finale avant l'heure, ce sont eux, Metz et Lens, des équipes qui se ressemblent beaucoup. Sikora vante «la camaraderie et l'esprit de famille» communs aux deux écuries. Une analogie poussée jusqu'aux effectifs : Song, Kastendeuch et Pirès à Metz, Magnier, Wallemme et Warmuz à Lens, sont autant de joueurs au profil modeste, aux antipodes des stars parisiennes ou marseillaises.
«Un club peut être champion sans faire valser les millions!»
Le Messin Jocelyn Blanchard voit dans ce sommet un joli pied de nez : «Un club peut être champion sans faire valser les millions!» Seul le terrain tend à éloigner Lens et Metz. À la culture de l'attaque et de la possession des Sang et Or, les Messins répondent par l'art du contre. À la veille du trentième acte du Championnat, les Lorrains ne devancent les Nordistes que d'une longueur. Un tout petit point alors que huit journées plus tôt, début janvier, les Grenat comptaient huit unités d'avance sur Lens (5e). Malgré tout, les Mosellans demeurent confiants : la formation entraînée par Joël Muller s'est montrée jusque-là intraitable à domicile, y faisant tomber le PSG, Monaco et l'OM. Mais les Nordistes, eux aussi, font preuve de sérénité. Ils savent voyager. Ils ont battu les Monégasques et l'OM chez eux. 

Contrecoup psychologique

Si, à l'aller, Lens n'avait pu déborder Metz à Bollaert (1-1), la donne change. Dès l'entame, les hommes de Daniel Leclercq prennent l'ascendant. Après un quart d'heure de jeu, Tony Vairelles a déjà frappé trois fois au but. Sans réussite, mais ce n'est que partie remise. Ironie de l'histoire, Lens va prendre Metz à son propre jeu : à la 22e, en conclusion d'un contre éclair, Anto Drobnjak ouvre la marque d'une tête plongeante. Cinq minutes plus tard, Letizi repousse un centre dans les pieds du Monténégrin, qui double la mise. La messe est dite. Le collectif des Sang et Or a eu raison de Lorrains apathiques. Et les supporters nordistes peuvent bénir un coup du sort : Drobnjak n'a été titularisé qu'à la suite de la blessure de Philippe Brunel ! Privé de compétition pendant deux semaines en raison d'un match des Bleus et d'une élimination précoce en Coupe de France, Metz paye cette trop longue coupure. Lens est le nouveau leader et devance son adversaire de deux points. À quatre journées de la fin, le contrecoup est autant comptable que psychologique. «Quand on perd la première place à domicile, on prend un coup au moral», admet un Joël Muller fataliste. L'avenir lui donnera raison. Lens sera couronné à la différence de buts.
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