bielsa (marcelo) *** Local Caption *** (L'Equipe)

Les dix professeurs du ballon rond

Le 5 octobre est la journée internationale des enseignants. L'occasion pour France Football de rendre hommage à dix entraîneurs qui ont beaucoup potassé et qui voient le football comme une vraie science.

Gusztav Sebes (Hongrie...)
Il restera à jamais une légende du football hongrois. Avec une équipe ultra joueuse, les Magyars écrasent tout sur leur passage, en s’imposant notamment à Wembley en 1953 (6-3). Sebes est l’instigateur d’un jeu porté sur l’offensive, les prémices du football total. Romantique à souhait, la Hongrie est favorite en 1954 et balaie tout sur son passage jusqu’à la finale (21 buts en trois matches face à la Corée, la RFA et le Brésil). Avant de chuter sur la dernière marche face aux Allemands qu’ils avaient battu 8-3 en phase de poule. Cruel pour Sebes et ses légendaires ouailles Kocsis, Puskas…

Helenio Herrera (Inter, Barça, Atletico...)
On l’a souvent surnommé, à tort et un peu trop facilement, le roi du catenaccio. Un sobriquet qu’il balayait rapidement d’un revers de la main. Instigateur d’une défense plus renforcée, Herrera prônait la solidité, la solidarité et l’utilisation accrue des couloirs. Une première à l’époque où tout se déroulait souvent dans le cœur du jeu. Ses tactiques font mouche et son palmarès parle pour lui : Quadruple champion d’Espagne (2 avec l’Atletico et 2 avec le Barça), triple champion d’Italie, 2 C1 (1964-1965)... Impressionnant !

Rinus Michels (Ajax, Barça, Pays-Bas...)

Michels a enseigné à l'Ajax et aux Pays-Bas un jeu offensif alléchant. (L'Equipe)

Le «football total» de l’Ajax et des Pays-Bas : c’est lui ! On défend tous ensemble, on attaque tous ensemble, Rinus Michels a su instiguer un football offensif, si beau à voir jouer. Pourtant, les Oranje tomberont les armes à la main en finale de coupe du monde 1974 face... à la RFA, décidément briseuse de rêve des grandes équipes, après la Hongrie 54. On peut remercier Rinus Michels pour avoir façonné Johan Cruyff et l’avoir offert en mondovision.

Carlos Bilardo (Argentine...)
Diplômé de physique, Bilardo est un homme cultivé et amoureux du football. Pourtant, il est rapidement décrié lors de ses débuts à la tête de l’équipe d’Argentine en 1983. Le natif de Buenos Aires fait fi de tout ça et garde ses préceptes de solidité et d’équilibre contre vents et marées. Il ménage la chèvre et le chou entre Passarella et Maradona pour entamer la coupe du monde 1986 sous d’autres auspices. En 3-5-2, l’Albiceleste fait mal et met la main sur son deuxième trophée mondial après 1978. Merci Diego ! Merci Carlos Bilardo !

Francisco Maturana (Colombie...)
Ceux qui ont pu voir jouer la Colombie avant la coupe du monde 1994 savent à quel point Maturana a apporté aux Cafeteros. Le technicien, dentiste de formation, a instigué un système de jeu fait de redoublement de passes courtes, de déplacements et de mouvements. Sa Colombie parvient à se qualifier pour la coupe du monde 1990, une première depuis 28 longues années... Elle fait surtout trembler le monde du football avant le Mondial américain 94, quand les Valderrama, Rincon, Asprilla et consorts balaient tout sur leur passage avec notamment, un succès historique en Argentine (5-0). Malheureusement, les Cafeteros s’effondreront lors du grand rendez-vous. Peu importe, Maturana a régalé. 

Arrigo Sacchi (Milan, Italie...)

L'ogre milanais, le travail du forcené Sacchi... (L'Equipe)

Débarqué de Parme dans un certain anonymat, Arrigo Sacchi va complètement métamorphoser le jeu du Milan AC en seulement quatre ans. Place au 4-4-2, à une défense en zone (une hérésie en Italie à l’époque) et à un pressing tout-terrain. Emmenés par les «Hollandais volants» (Rijkaard, Van Basten et Gullit), les Rossoneri raflent deux C1 sous le joug de Sacchi. Le tacticien hors-pair mènera même la Nazionale en finale de la coupe du monde en 1994. Un génie du tableau noir.  

Coco Suaudeau (Nantes)
Un Français pour la route ! Déjà champion avec Nantes en 1983, Coco Suaudeau fait briller l’escouade des Canaris dans un second acte entre 1991 et 1997. Le «jeu à la Nantaise» fait de passes simples, de changements d’aile et de don de soi séduit la France entière et les amateurs du beau jeu. Sommet atteint en 1995 avec un nouveau titre pour Suaudeau et un jeu léché qui permet au FCN de ne perdre qu’à une seule reprise dans la saison. Lors de l'exercice suivant, les Canaris s’écroulent en demi-finale de Ligue des champions face à la Juventus (0-2 ; 3-2). L’amour du collectif avant tout pour Coco.

José Pekerman (Argentine, Colombie...)
«El Profe», comme le surnomment ses propres joueurs dans le vestiaire colombien, a toujours cherché à faire évoluer ses équipes de manière très offensive. Après un quart de finale en coupe du monde 2006 avec l’Argentine, Pekerman porte les Cafeteros jusqu’en quarts de finale au Mondial brésilien de 2014. Une malheureuse élimination face au pays hôte mais un jeu léché qui a marqué les mémoires. James Rodriguez, Carlos Bacca, Juan Guillermo Cuadrado... Ils avaient régalé, poussés par un coach qui a de l’allant.

Marcelo Bielsa (Argentine, Chili, OM...)
Plus besoin de présenter El Loco. Forcené du ballon rond, amoureux fou du pressing et du jeu offensif, perfectionniste à l’extrême... Marcelo Bielsa est un personnage à part entière dans le monde du football. Un véritable tacticien qui enseigne à ses joueurs ses préceptes. Les joueurs du Chili, récents vainqueurs de la Copa America ne cessent de louer le travail du Rosarino à la tête de la Roja (2007-2010). A Marseille, certains joueurs ont progressé à vitesse grand V sous ses ordres : Dimitri Payet, Brice Dja Djedje, Benjamin Mendy et bien d’autres...

Pep Guardiola (Barça, Bayern Munich)

Guardiola aura marqué le football des années 2000-2010. (L'Equipe)

Intronisé coach principal des Blaugrana après le départ de Rijkaard en 2008, Pep Guardiola a fait rêver les supporters catalans. Adepte du 4-3-3, il compose une véritable symphonie et fait jouer «son» Barça à merveille. En quatre saisons, le club culé ramasse 14 titres. Il est parti sur de belles bases avec le Bayern avec 5 titres en deux ans... Une machine à gagner. 

Johan Tabau