Économie

Les nouveaux entrepreneurs made in Harvard de la Ligue 1

Parmi les dirigeants stratèges à la tête des clubs de football français, Jean-Michel Aulas a su construire le sien dès la fin des années 1990. Cet entrepreneur de 67 ans a su créer un business durable dans les domaines des logiciels de gestion et de comptabilité. Dans le football, sa vision s'est transformée en plan afin de créer des ressources stratégiques possédées par l'Olympique Lyonnais : son centre de formation et son stade. Rarement évoqué dans les médias, il est intéressant de noter que le président lyonnais a également une expérience d'athlète de haut niveau dans le handball (joueur de 1ière division).

Depuis quelques années, de nouveaux dirigeants ont pris les rênes de grands clubs de football pour apporter leur expertise et leur expérience. Deux d'entre eux ont la particularité d'avoir voir été formés dans la prestigieuse Harvard Business School : Jean-Claude Blanc (directeur général délégué du Paris Saint-Germain) et Jacques-Henri Eyraud (nouveau président de l'Olympique de Marseille).
Au PSG, Jean-Claude Blanc a la responsabilité de la conception et la mise en oeuvre d'un plan ambitieux visant à devenir une marque sportive mondiale capable de remporter le plus prestigieux des trophées pour un club européen : la Ligue des champions.
Jean-Claude Blanc a eu un parcours unique dans le milieu du sport business en débutant aux côtés de Jean-Claude Killy aux JO d'Albertville, puis en tant que directeur général du groupe Amaury Sport Organisation, puis de la FFT et de Roland Garros, puis de la Juventus de Turin et depuis 2011 au PSG. Blanc a su optimiser la rentabilité du tournoi de Roland Garros, permettre à la Juventus de redevenir un club de l'élite et de posséder un stade devenu une référence mondiale. Au PSG, il est intégré au projet de son actionnaire principal et a la responsabilité de la conception et la mise en œuvre d'un plan ambitieux visant à devenir une marque sportive mondiale capable de remporter le plus prestigieux des trophées pour un club européen : la Ligue des champions.
 
Il y a quelques semaines, le grand public a découvert Jacques-Henri Eyraud, qui a lui aussi un parcours singulier d'entrepreneur dans le monde des médias, du divertissement, du sport et du commerce en ligne. Le nouveau président olympien a la responsabilité de concevoir et de mettre actuellement en œuvre un plan stratégique dédié au projet «OM Champion» de son actionnaire principal Frank McCourt.

Harvard, mais pas que...

Harvard est une école prestigieuse qui forme des entrepreneurs et des dirigeants d'entreprises. Ce savoir-faire a été remis en cause dans le milieu du sport business par Mark H. Mc Cormack, ancien dirigeant du groupe IMG qui a publié un bestseller intitulé «Tout ce que vous n'apprendrez jamais à Harvard». Mc Cormack met en évidence la spécificité du sport de haut niveau, qui est un levier unique pour profiter du contexte émotionnel afin d'influencer certaines préférences de consommation et décisions économiques. Le caractère irrationnel associé au financement des clubs et événements sportifs est ainsi mis en lumière.
 
Blanc a eu l'opportunité de se forger une expérience de dirigeant en étant proche d'un des plus grands athlètes français tous sports confondus avec JC Killy. Tout comme Aulas, Eyraud a la particularité d'avoir été athlète de haut niveau en tant que membre de l'équipe de France de taekwondo. Le vécu extra business de ces deux dirigeants leur permet de ne pas uniquement appliquer des recettes made in Harvard mais de tenir compte des spécificités des écosystèmes de leur club et du football. Outre leur formation dans les domaines de l'entrepreneuriat, leur point commun est de prioriser la marque de leur club en tant qu'actif différenciateur au centre de leurs décisions stratégiques.
Lionel Maltese
Maitre de Conférences Aix Marseille Université 
Professeur Associé Kedge Business School
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Follow-up 16 nov. à 15:42

sans oublier notre géniale Présidente de la ligue qui est diplômée d'Ecole de Commerce, à défaut de savoir combien il y a de joueurs sur le terrain... Foot business, vous dites ?