jardim (leonardo) (LAHALLE PIERRE/L'Equipe)

Ligue 1 : le debrief de France Football

Il y a eu 30 buts, 37 cartons jaunes, pas de rouges et 276 488 spectateurs dans les tribunes. Mais pas que. FF livre ses héros et ses zéros de la 31e journée du Championnat de France.

On a applaudi Leonardo Jardim

Pour son 100e match sur le banc de l’AS Monaco en Ligue 1, Leonardo Jardim a mis les petits plats dans les grands. Le technicien portugais a tranché sur de vrais choix tactiques et n’a pas hésité à lancer des hommes frais dans son onze de départ. Sa première réussite de la soirée aura été de mettre Wallace en tribunes. Son choix d’aligner cinq défenseurs ensuite, une très grande réussite. L’axe Carvalho-Jemerson-Raggi a plié dans le premier acte mais rien lâché dans le second. La charnière à trois a permis aux deux pistons Fabinho et Echiejile de se libérer des tâches défensives pour apporter le surnombre. Bakayoko a brillé. Et que dire des deux ailiers Lemar et Mbappé Lottin… Un grand bravo au technicien lusitanien. Souvent décrié, il a ce soir donné une véritable leçon tactique à ses compères du Championnat de France.

On a halluciné de voir que Michel était encore entraîneur de l'OM

Pour la treizième fois consécutive de la saison, les supporters de l’Olympique de Marseille se sont arraché les cheveux au Stade Vélodrome. Statistique hallucinante d’un OM incapable d’accrocher trois points en Championnat dans son antre depuis une rouste contre le SC Bastia le 13 septembre dernier (4-1). Cette fois-ci, point de matches nuls ou de rencontres au couteau. Les Marseillais ont pris une sacrée fessée face au Stade rennais de Rolland Courbis (2-5). Mais bon, tout va bien à l’OM. A six points de la relégation, lors d’une saison cataclysmique, l’équipe provençale est au bord du gouffre. Pour Michel, tout roule. Le technicien espagnol est toujours là, malgré de piteux résultats et une absence de remise en question qui interloque. Qu’en aurait-il advenu si Michel s’appelait Girard ou Baup ? On met notre main à couper qu’ils auraient déjà fait leur valise depuis belle lurette. Les supporters de l’OM doivent se demander ce que l’ancienne gloire du Real fait encore là...

On a apprécié le sursaut du SCO

Une victoire et quelle victoire. Éclatante et même réconfortante pour des Angevins qui courraient après un succès depuis le 30 janvier dernier. En claquant un cinglant 5-1 à Lorient, le SCO de Stéphane Moulin est monté à 42 points, ce qui lui permet d’envisager un maintien que l’on pourrait qualifier de serein. C’est ce qu’on s’est dit quand on a vu Ketkeophomphone s’installer en tribune avec ses supporters pour lancer les clapping devant ses partenaires. Et quand ils en avaient assez de taper dans leurs mains, on entendait les Angevins chanter : «On est en Ligue 1». 

On s'est inquiété pour Montpellier

On les pensait revigorés, relancés. Et on s’aperçoit finalement, qu’après deux défaites de rang et trois matches consécutifs sans inscrire le moindre but, que le MHSC, avec ses trois points de plus que le premier relégable, a des raisons de s’inquiéter. L’une d’elles concerne son secteur offensif, particulièrement à la peine à Saint-Etienne (un seul tir cadré) et qui n’a pas pu compter sur la solidité de son arrière-garde, qui a fini par s’écrouler dans le dernier quart d’heure, pour cacher son indigence. 

On s'est inquiété pour Blaise Matuidi

On ne peut pas dire que l’international français brille énormément en ce moment sous la liquette du Paris Saint-Germain. Fatigué, moins précis techniquement et dans le dur dans la récupération, Blaise Matuidi est le Parisien qui souffre le plus en ce moment. Sur le banc face à l’AS Monaco, le Toulousain de naissance a laissé sa place à Angel Di Maria, redescendu d’un cran sur le pré. Habitué à faire valser les défenses sur les ailes, l’Argentin a délivré une grande rencontre en première période dans l’entrejeu. Vista, passes léchées et louches, le Rosarino s’est fait plaisir. Avec Di Maria au cœur du 4-3-3 de Laurent Blanc, le PSG gagne énormément en technique. Une option de jeu qui devrait trotter dans la tête du technicien du Paris-SG.

On a aimé la fraîcheur de Gaëtan Perrin

Et sa joie, pure, vive, intense. Trente-quatre secondes après son entrée en jeu, l’attaquant né et formé à Lyon a fait sauter le verrou nantais et libéré son équipe, jusqu’alors sans solution ni inspiration. L’absence de Mathieu Valbuena, actée la veille, lui a libéré une place dans le groupe. Et il a foncé lorsque Bruno Genesio l’a lancé. «Je suis à l’affût et je me jette dessus, a décrit Gaëtan Perrin. C’est une soirée magique qui restera gravée.» Comme l’émotion et le sourire de ce Gone de 19 ans.

On s'est rappelé des principes de jeu de Jocelyn Gourvennec et on s'est mis à bégayer

«Le jeu est toujours le reflet de ce que l'entraîneur met en place, je fais avec mes convictions. Je préfère que mes joueurs jouent plutôt que de les voir s'em... sur un terrain !» Ces deux phrases prononcées par Jocelyn Gourvennec en décembre 2012 nous avaient marqués. Devant Reims-Guingamp (0-1) samedi soir, les 25% de possession et les deux tirs cadrés de l’En Avant, elles nous sont revenues en mémoire puis se sont mises à tourner en boucle. Une pointe de nostalgie est venue se mêler à la déception. Il faut le dire : voir le Guingamp de Gourvennec se comporter ainsi, ça nous rend tristes.

On a été épatés par Prior

Après s’être embrouillé avec une partie de l’ancien staff de Bordeaux, des supporters et même l’un de ses coéquipiers, Jérôme Prior n’a plus droit au moindre écart. Ulrich Ramé, avant de le titulariser face à Bastia (1-1), l’avait rappelé : «Ce qu’il a fait est inacceptable. On doit tous être professionnels.» Quatre-vingt-dix minutes et plusieurs parades plus tard, le gardien des Girondins, décidé à saisir la deuxième chance qui lui est donnée, a montré que son équipe peut compter sur lui. «Il a été décisif, à un moment donné, tout à fait», a assuré le nouvel entraîneur bordelais.

On a encore vibré grâce à Hatem Ben Arfa

Vraiment, on a l’impression de se répéter. Alors, plutôt que de radoter, on vous laisse vous régaler.

Thomas Simon et Johan Tabau