duverne (jean kevin) sissoko (slimane) (N. Luttiau/L'Equipe)
Ligue 2

Ligue 2 : Jean-Kévin Duverne, l'étoile montante du RC Lens

Belle surprise de ce début de saison au sein du RC Lens, Jean-Kévin Duverne vient de signer son premier contrat professionnel. Impressionnant de sérénité, pas étonnant qu'il soit suivi de près par de très grands clubs.

La comparaison est déjà faite. Depuis plusieurs semaines, Jean-Kévin Duverne, 19 ans, effectue des débuts très intéressants avec Lens et attire forcément les regards. Le Parisien de naissance, mis au monde un 12 juillet... 1997, impressionne. Notamment par son calme. Le parallèle avec Raphaël Varane est forcément vite fait lorsque l'on se rapproche de Bollaert Le Real Madrid n'est toutefois pas encore au rendez-vous. Quoique. «Il est comme un poisson dans l'eau, avoue Christophe Raymond, son ancien entraîneur en U17 et U19 au RCL. Il dégage quelque chose, il en impose. Je le trouve bon, voire très bon. Et il affiche une sacrée sérénité !» C'est même «un gros potentiel», d'après Anthony Scaramozzino, de onze ans son aîné, avec qui il évolue en défense et auprès de qui il prend régulièrement conseil, comme avec Nicolas Douchez et Kenny Lala. «Il acquiert de l'expérience au fil des rencontres, poursuit l'ancien joueur de Nice. C'est un jeune à l'écoute. Il doit continuer dans cette voie-là pour progresser le plus vite possible. Car il en a les capacités, s'il reste dans cet état d'esprit.» Pour le moment, ça a l'air d'être le cas.

«Il incarne vraiment les valeurs du club»

Toujours pensionnaire du centre de formation, il continue de déjeuner au réfectoire. La tête sur les épaules. Accompagné la plupart du temps de son pote Jean-Ricner Bellegarde, il n'oublie jamais de saluer ses anciens formateurs, notamment Eric Sikora et Fabrice Vandeputte. «Humainement, il est très attachant, dépeint Christophe Raymond. Ça fait plaisir de voir ça. Il incarne vraiment les valeurs du club. Il possède une très, très bonne mentalité. Il est agréable à vivre, toujours souriant et on le sent heureux de vivre.» Durant l'été, il a d'ailleurs préféré retrouver ses copains à Epinay-sur-Seine, dans le quartier d'Orgemont, plutôt que de squatter les plages de sable fin. Il sait d'où il vient. C'est d'ailleurs là-bas, au club de foot, qu'il a rencontré son conseiller, Arsène Aké. Une personne qu'il considère comme son «grand frère», lui qui a deux petits frères et une petite sœur.

Des clubs anglais et espagnols à l'affût !

«Avec sa maman, on essaye de l'aider au maximum», estime celui qui garde également un œil sur Erwin Koffi à Lorient. Pour discuter des contrats, le «grand frère» a toutefois laissé sa place à un agent bien connu. «Je ne me sens pas assez compétent pour ce genre de choses», avoue ce dernier. C'est Jean-Charles Parot, agent bien implanté dans le Nord de la France, qui travaille donc désormais avec le jeune Sang et Or. «Jean-Kévin, c'est un joueur que l'on suivait depuis deux ou trois ans, avoue l'agent, patron de l'agence Global Football Agency. Je l'appréciais. Il a tout, il est rapide, technique, possède un bon sens tactique.» Un bagage qui fait de lui un joueur recherché. Apprécié des recruteurs. Courtisé, selon nos informations, par Tottenham, Southampton, Newcastle, Sunderland, Liverpool et par de gros clubs espagnols, il a toutefois préféré signer son premier contrat professionnel avec son club formateur. Avec pourquoi pas l'espoir de s'acheter sa première voiture. «Sans faire de folies», nous précise-t-on toutefois dans l'entourage du jeune homme.

L'arrivée d'Alain Casanova, une délivrance

«Quand tu vois les clubs s'intéresser à toi, c'est flatteur, explique Jean-Kévin Duverne, resté proche de Yassin Fortuné, qui évolue à Arsenal. On reçoit aussi des appels d'agent à droite, à gauche. C'était parfois compliqué à gérer. Mais il y a des étapes à franchir. Le but, c'était de passer pro au sein du RC Lens. Même si je m'inspire de Sergio Ramos et Thiago Silva, j'espère faire une carrière à la Varane. Moi, je veux jouer le maximum, je prends ce qu'il y a à prendre et je veux donner le meilleur de moi-même.» Sa chance, c'est aussi d'avoir vu Alain Casanova débarquer sur le banc de touche lensois. Avant lui, Antoine Kombouaré ne le regardait pas beaucoup. «Chaque coach a ses opinions, estime Aké. On remercie beaucoup monsieur Casanova.»
Une version confirmée par le joueur qui, malgré la pré-saison effectuée avec le groupe professionnel, avait dû se résoudre à évoluer en CFA la saison dernière. «Ça s'est mal passé avec lui, c'est vrai, mais ce sont des choix de coach. Aujourd'hui, je suis en confiance avec Alain Casanova, il parle beaucoup aux jeunes.» Pour preuve lors du dernier match, face à Bourg-en-Bresse (1-1), le coach avait aligné une charnière centrale (Abdoul Ba – Jean-Kévin Duverne) de moins de 23 ans. À cet âge-là, Raphaël Varane a déjà disputé une Coupe du monde, un Euro et remporter une Ligue des champions. Forcément, le chemin paraît encore très long.
Tanguy Le Seviller
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