Marcelo Bielsa a déjà passé 14 mois en Ligue 1. (A. Mounic/L'Equipe)
Ligue 1 - Lille

Marcelo Bielsa et les souvenirs marquants de son premier passage en Ligue 1

Marcelo Bielsa fera normalement son retour en Ligue 1 en juillet prochain à Lille, après avoir déjà passé 14 mois sur le banc de l'OM entre 2014 et 2015. Quelle trace avait laissé l'entraîneur argentin lors de ce premier passage ?

Son bilan sportif

Marcelo Bielsa a noué un accord avec les dirigeants du Losc pour devenir l'entraîneur de Lille à partir du 1er juillet prochain. Ce sera le deuxième club en Ligue 1 pour l'Argentin, qui avait passé quatorze mois à l'OM avant de démissionner avec fracas lors de la conférence de presse d'après-match de la 1re journée de sa deuxième saison. Au niveau sportif, l'entraîneur affichait un bilan correct.

Ses principes de jeu

Marcelo Bielsa, sur le plan tactique, n'était pas forcément tenant du modernisme. L'Argentin à l'OM, ce fut notamment le retour du marquage individuel quasi-tout terrain! On se souvient, lors des rencontres face à l'OL (0-0) ou au PSG (2-3), d'avoir vu Benjamin Mendy et Brice Djadjédjé suivre partout les milieux relayeurs adverses. Verratti décrochait au niveau de ses défenseurs centraux? Mendy était là. Tolisso changeait complètement de côté? Dja Djédjé était là.

Défensivement, ajoutez-y une volonté de pressing acharné dans le camp adverse. Chez Bielsa, on n'attendait pas. Aussi l'entraîneur argentin était obsédé par l'adaptation au système de son adversaire. Basculant entre le 3-3-3-1 et le 4-2-3-1, Marcelo Bielsa alignait toujours un défenseur de plus que le nombre d'attaquants d'en face. Pour la couverture, mais également pour disposer d'une option supplémentaire à la relance.

Jamais ennuyeuse (sauf peut-être une fois lors de la défaite à Nantes, 0-1), l'équipe de Bielsa gardait constamment un esprit offensif et un déséquilibre quasi-permanent. Le nombre de joueurs positionnés devant le ballon était un des marqueurs de la prise de risque marseillaise. L'OM de Bielsa, c'était le contraire de la frilosité. Plusieurs joueurs dans la surface à la réception d'un centre : une anomalie en Ligue 1, ou presque. Et tant pis pour les buts encaissés. Cet OM-là faisait toujours «le premier pas». L'OM de Bielsa, c'était à l'époque la certitude d'avoir un match passionnant par week-end.

Ses entraînements

A Marseille, Marcelo Bielsa était celui qui bossait le plus. Assisté d'un staff pléthorique qu'il payait lui-même, à quelques exceptions près, il passait toutes ses journées à la Commanderie, un centre d'entraînement qu'il a remodelé, avec ses méthodes d'entraînement quasi scientifiques. Il était très exigeant avec ses joueurs, comme il l'était avec lui-même. Il les a fait travailler durement pendant la saison, quitte à répéter inlassablement les mêmes exercices, n'hésitant pas à sanctionner un de ses meilleurs éléments d'alors (Dimitri Payet) pour un manque d'application à l'entraînement.

Interrogé huit mois après avoir découvert ces méthodes, le capitaine olympien de l'époque Steve Mandanda avait précisé : «On a eu un peu de mal au début, parce que c'était un changement radical. Mais maintenant, on est habitués. Je ne pense pas que cette méthode soit arrivée à ses limites. Il a toujours des idées, il sort toujours quelque chose. Je n'ai pas non plus de problèmes avec la charge de travail. On y est soumis depuis le début de la saison et elle ne nous posait pas de problème

Sa communication

Marcelo Bielsa, qui refusait les interviews, ne s'est exprimé que lors de conférences de presse à l'OM. La tête basse, le regard évitant soigneusement les journalistes, le débit monotone: sur la forme, le rapport de l'entraîneur argentin à la communication, à la limite de l'autisme, était une étrangeté, qui a beaucoup contribué au charme et au mystère qui l'ont entouré.

Sur le fond, Bielsa a tenu, pendant quatorze mois, un discours parfois ennuyeux mais toujours rafraîchissant et souvent salutaire. Par exemple, il n'a jamais critiqué l'arbitrage, refusant systématiquement de «justifier les défaites en disant que l'arbitre s'est trompé».

Toujours, parfois au point de donner le sentiment de s'auto-flageller, l'Argentin a assumé la responsabilité des défaites, reconnaissant ses erreurs et refusant de jeter la faute sur ses joueurs. Cette forme d'humilité, extrême, a pu en agacer certains.
Issu d'une famille d'intellectuels (son frère a été ministre des Affaires étrangères en Argentine), Bielsa est un amoureux des mots et des idées, qu'il délivre dans un langage soutenu. La France a pu profiter de ses leçons de sagesse. «Celui qui dit qu'il reste part le lendemain», avait-il ainsi avancé.
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