Edin Dzeko of AS Roma during the UEFA Champions League group C match match between AS Roma and Atletico Madrid on September 12, 2017 at the Stadio Olimpico in Rome, Italy. (L'Equipe)

Mecha Bazdarevic raconte Edin Dzeko, attaquant de la Roma et de la Bosnie : «Il est toujours concentré et très dur à perturber»

Nommé au dernier Ballon d'Or France Football, Edin Dzeko est un attaquant dont on parle peu. Mecha Bazdarevic, l'ancien sélectionneur de la Bosnie, revient pour FF sur le tempérament du buteur de la Roma.

Mecha Bazdarevic, ancien entraîneur d'Edin Dzeko avec la sélection bosnienne

«Sur le terrain, c’est un joueur complet malgré son gabarit. Quand on voit sa corpulence, on pourrait penser qu’il n’a pas une très bonne technique. Mais ce n’est pas le cas, Edin a une excellente technique. C’est un joueur opportuniste, qui sait jouer pour lui mais aussi pour l’équipe. C’est un faux calme, il parle très rarement, il râle peu mais c’est quelqu’un qui a très fort caractère. C’est quelqu’un qui est dur à perturber, il est toujours très concentré sur son travail.

C’est un leader mais ce n’est pas un leader qui parle beaucoup. Il me montrera davantage par son comportement sur le terrain, par son jeu. Quand j’ai repris la sélection, je comptais beaucoup sur lui et il a toujours tout donné sous le maillot de la Bosnie. Il a été quelques fois blessé dans des moments importants mais quand il était là, il était exemplaire. Je le connaissais depuis qu’il était gamin, on a eu le même club formateur. Il avait aussi failli venir à Sochaux quand il avait 17 ans mais ça avait bloqué au niveau du règlement. Il y avait un grand respect mutuel entre nous. En Bosnie, c’est une icône, quasiment autant que moi (rires). 

Les clubs dans lesquels il a été formé ne lui ont pas fait confiance et il a eu un parcours un peu atypique. Quand il avait 17 ans, je le voyais déjà comme un très grand espoir mais on n’était pas tous d’accord. C’est quelqu’un qui travaille énormément à l’entraînement, et c’est ce qui lui a permis en Allemagne de progresser aussi rapidement. Mais il a toujours été un peu critiqué. Y compris lors de sa première année à la Roma, où ç’a été très compliqué. A l’époque, il m’avait dit qu’il voulait s’imposer et devenir un des meilleurs joueurs du club. Je me souviens que j’avais donné une interview et que j’avais dit au journaliste : ‘’Edin Dzeko la saison prochaine, il sera le joueur le plus important de l’équipe’’. Il a confiance en lui-même et sait de quoi il est capable. Je l’ai régulièrement au téléphone et à chaque mois, il me répète qu’il travaille non-stop.

«Les clubs dans lesquels il a été formé ne lui ont pas fait confiance. Il a eu un parcours un peu atypique»

C’est quelqu’un qui ne panique jamais. Avec la Bosnie, quand il était sur le banc, il n’était jamais stressé. Il me disait tout le temps : ‘’On est meilleurs coach, ne vous en faites pas’’. Il était calme et serein, et toujours avec le sourire. Le jour où on a joué la Belgique chez eux (victoire 2-4), je savais qu’on aurait besoin d’une grosse performance. Lui était persuadé qu’on allait les écraser. Il m’avait dit : ‘’Mais coach, pourquoi vous êtes stressé ?’’. Je lui avais répondu qu’on jouait la Belgique, une équipe plus forte que nous. Et il m’avait répondu : ‘’Mais on s’en fout, on va les battre’’. Il m’avait fait rire au final, et je m’étais dis qu’il avait raison. Son optimisme, il le transmettait aux autres par son comportement.»

Antonin Deslandes