Économie

OM : réapprendre à apprendre

Notre chronique éco s'arrête cette semaine sur le changement de direction actuel de l'Olympique de Marseille.

L’Olympique de Marseille va connaître une nouvelle ère suite à la décision de Margarita Louis-Dreyfus de mettre en vente le club. L’actionnaire principale a choisi de revenir à un conseil de surveillance et intronisé une nouvelle organisation de la direction du club en nommant Giovanni Ciccolunghi, ancien cadre d’Adidas, président. Ce dernier a fait appel à deux salariés de l’Olympique de Marseille, Alexandre Mialhe (directeur juridique) et Cedric Dufoix (secrétaire général) pour former un directoire en charge de l’application de la stratégie décidée par le conseil de surveillance. Le Belge Gunter Jacob a été nommé directeur sportif et le club gagne en cohérence en termes d’organisation des ressources et compétences sur le plan sportif et économique.
Le véritable échec de ces dernières années est dû à l'incapacité des dirigeants à faire progresser le club et ses compétences sportives, économiques et sociales.
La valeur d’une organisation se mesure aussi à sa capacité d’apprendre de ses erreurs. L’OM possède des compétences en interne avec une connaissance importante de son écosystème. La nomination des deux salariés au sein du conseil de surveillance est à ce titre une décision judicieuse. Le véritable échec de ces dernières années est dû à l’incapacité des dirigeants, souvent de passage même si le dernier aura réussi à s’inscrire dans la durée, à faire progresser le club et ses compétences sportives, économiques et sociales. Les clubs de football ne peuvent évoluer qu’en devenant des organisations apprenantes. L’un des principaux chercheurs en management sur ce thème, Peter Senge, souligne que «la vraie proactivité consiste à observer dans quelle mesure nous sommes responsables de nos propres problèmes».

Reconstruire la réputation de l'OM est le principal enjeu pour l'équipe dirigeante actuelle

L’OM a tenté sous la présidence Labrune de ne plus dépendre financièrement de son actionnaire principale et d’adopter une stratégie focalisée sur le trading joueurs en tant que ressource principale du club. Cette stratégie ne date pas d’hier puisque l’ancien agent puis président, Pape Diouf, avait adopté une stratégie sportive et économique similaire. L’actuelle organisation de transition mise en place pour préparer une future vente a pour mission de rendre l’organisation OM «ré-apprenante» afin de permettre au club de développer de nouvelles ressources et compétences non plus uniquement basées sur le trading joueurs.

Le dossier du stade Vélodrome, la mise en place d’une véritable stratégie de formation ou encore le développement d’une filière OM basée sur les compétences internes avec, par exemple l’intégration d’anciens joueurs, seront des axes clés de réhabilitation du potentiel de la marque mais également de la réputation OM. Car si la marque est une promesse, qui n’a pas été tenue en termes de résultats pour un club qui doit viser une place en Ligue des champions chaque année, la réputation a été lourdement affectée auprès des parties prenantes du club : supporters, médias, partenaires, joueurs, anciens joueurs, institutions, employés… La marque est possédée par le club mais ce sont les parties prenantes qui font sa réputation. Reconstruire la réputation de l’OM est certainement le principal enjeu pour l’équipe dirigeante actuelle afin de redevenir attractif auprès d’un investisseur et de reconstruire une équipe sportive compétitive.

Lionel Maltese
Professeur Associé Kedge Business School - Sport Event Management
Maître de Conférences Aix-Marseille Université

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