Pires : «Ils vont répondre présent» (L'Equipe)

Pires : «Ils vont répondre présent»

Méfiant, Robert Pires est néanmoins particulièrement optimiste quant aux chances des Bleus de franchir positivement les barrages face à l'Ukraine. L'ancien milieu offensif international, qui verrait bien Loïc Rémy débuter sur le côté droit, fait confiance à Didier Deschamps et ses hommes. Il se confie pour francefootball.fr.

«Robert, qu'est-ce que vous inspire ce barrage face à l'Ukraine ?
Déjà, j’ai entièrement confiance en Dédé (Didier Deschamps) et ses hommes. C’est important. Après, en restant sérieux et tout en respectant l’adversaire, on devrait prendre la direction du Brésil. Je suis très confiant. Ce match de vendredi est capital pour la confiance et bien aborder le match retour à Paris. Je suis derrière eux.

Est-ce si fondamental d'accrocher un résultat à l'aller ?
Oui. Il faut bien préparer ce voyage. Contrairement à ce que je peux entendre ou lire, attention ça ne va pas être facile.  C’est soi-disant la plus faible équipe de ce qu’on pouvait tirer.  Après, ça reste abordable pour l’équipe de France. Mais attention car cette équipe est capable de nous surprendre et c’est pour cette raison qu’il faut être très très sérieux.

Connaissez-vous des joueurs ukrainiens en particulier ?
Oui, je connais les deux qui évoluent sur les côtés : Iarmolenko et Konoplianka. Sur ce que j’ai pu voir, il y a aussi les deux centraux (Hacheridi et Rakitski) qui ne font pas de cadeaux (rires). Ce qui est sûr, c’est que vendredi, ce sera déjà un combat physique. Et eux, attention, la dernière fois qu’on les a joués, c’était pendant l’Euro 2012 sur leur terrain devant leur public. On avait gagné 2-0. A mon avis, le comportement des Ukrainiens ne sera pas le même parce que la dernière fois, c’était un match de poule, et là, c’est quand même une qualif’ pour aller au Brésil… On n’aura pas les mêmes joueurs en face. Ils seront très déterminés.

«Ribéry mérite le Ballon d'Or»

En avez-vous parlé avec des Anglais puisque l’Angleterre était dans le groupe des Ukrainiens lors des qualifications ?
Oui, Jack Wilshere (le milieu d’Arsenal) me disait qu’il fallait faire attention à cette équipe car elle a deux qualités. Physiquement, elle tient la route et après, il y a les deux bons dribbleurs cités précédemment qui marquent régulièrement. Je sais que les Anglais avaient souffert (1-1 et 0-0). Encore une fois, on n’aura pas la même équipe ukrainienne que celle qu’on a pu affronter lors de l’Euro en 2012, il y a un peu plus d’un an.

Pour faire basculer cette double confrontation, la France aura un atout de poids avec Franck Ribéry…
Oui… Maintenant, j’aimerais que l’on s’appuie sur un noyau et d’autres joueurs. On ne sait pas, imaginez que Franck ait un coup de pompe, la question est : qui prend le relais ? On a des joueurs avec de grandes qualités, mais il faut que certains joueurs prennent plus de responsabilités.

Vous qui jouiez au même poste que Ribéry, vous êtes bien placé pour en parler : il vous impressionne vraiment ?
Mis à part ses qualités de footballeur - il est au sommet de son art, il vole, il est sur son nuage - sur le plan mental, il a fait un gros effort sur lui. On a l’impression que plus rien ne le touche maintenant. Il a progressé, il arrive avec une certaine maturité et ça va l’aider pour la suite de sa carrière.

«Je ne serai pas étonné de voir Loïc Rémy à droite»

Est-il plus fort que vous ne l’étiez ?
Je ne sais pas, il faut demander au public (rires). C’est le joueur qui me ressemble le plus par rapport à ce que j’ai pu faire durant ma carrière. Même trajectoire, même façon de jouer, même poste, de temps en temps on marque, on fait marquer les autres…

Vous lui donneriez le Ballon d’Or ?
Oui, car j’aime ce qu’il fait, ce qu’il peut apporter au Bayern. On attendait qu’il fasse la même chose avec l’équipe de France et, aujourd’hui, il le fait. Oui, bien sûr, il le mérite. Mais attention, il a un sacré client en face de lui (Cristiano Ronaldo).

A gauche, il y a Ribéry. En revanche, personne ne se dégage à droite, même si on peut penser que Nasri va y jouer...
Le côté droit est ouvert. Maintenant, attention à la petite surprise du chef. Je ne serai pas étonné de voir Loïc Rémy car c’est un joueur intéressant et différent des autres. Ça, ça peut être intéressant pour Didier (Deschamps). Ça peut être une belle option.

«Il faut les laisser tranquille»

On aura peut-être deux équipes différentes au départ des deux matches.
Oui, je ne serai pas étonné qu’on en ait une un peu plus défensive. Sur le match de vendredi, pourquoi ne pas mettre un joueur comme Rio Mavuba ? Après, Deschamps a un effectif assez riche, il peut faire jouer la concurrence.

L'environnement autour des Bleus est plutôt négatif avec de mauvais sondages et il y a eu les propos d'Evra...
Oui, mais sur cette semaine, j’aimerais qu’on ne parle pas de sondages, du cas Evra. Il faut le mettre de côté, et après, vous aurez tout le temps d’en parler dans une semaine. Pour l’instant, il faut les laisser tranquille préparer ces deux matches-là, et après vous ferez votre métier. Il faut qu’ils soient bien isolés et qu’ils arrivent en Ukraine dans de bonnes conditions.

Avec votre expérience, quels conseils pourriez-vous donner aux Bleus avant cette confrontation cruciale ?
Je ne suis pas là pour donner des conseils, mais j’ai énormément confiance en eux. Je sais de quoi est capable Didier Deschamps, je sais qu’il va trouver les mots, que les séances vidéo vont être importantes. C’est maintenant aux joueurs de prendre conscience qu’au bout de ces deux matches, il y a le Brésil. Ils vont répondre présent, c’est ce que je souhaite.»

Propos recueillis par Emmanuel Langellier