baronchelli (bruno) (L'Equipe)
Ligue 1 / ASSE-FCN

Une vieille rivalité expliquée aux jeunots

C'était le clasico des années 60 et 70. Le match qui opposait les deux clubs phare de l'époque. Au moment des retrouvailles, qui ont eu lieu dimanche (1-0 pour les Verts), les anciens (se) racontent.

En juillet 2013, France Football classait les cinquante meilleurs entraîneurs de l'histoire du foot français. Le top 5 était le suivant: Jean Snella, Robert Herbin, Jean-Claude Suaudeau, José Arribas et Albert Batteux. Tous coachs de l'AS Saint-Etienne et du FC Nantes du milieu des années 60 au milieu des années 80. Au cours de cette période (1964-1983), les deux écuries se sont partagées quatorze des vingt titres de champion de France. Un règne statistique mais surtout un règne du beau jeu. Le football léché à la nantaise face à la génération spontanée stéphanoise, plus athlétique. Un régal pour les yeux et de nombreux affrontements épiques. Jean-Michel Larqué garde d'ailleurs un souvenir tout particulier de son premier match chez les pros. C'était le 26 mars 1966. Au stade Marcel Saupin. Une opposition décisive pour la distribution des premiers rôles en Championnat: «Roger Rocher avait amené les bouteilles de champagne, raconte l'ancien capitaine des Verts. Cela se réglera finalement « à l'italienne » pour le président de l'ASSE car Nantes a gagné 5-0. Je ne sais pas quand il a débouché les bouteilles, mais certainement pas ce jour-là.»
 

Et Couécou traversa le terrain sur les genoux

Dimanche, il n'a pas été question de titre mais la Ligue 1 nous a offert le nouvel opus de la saga des Verts contre les Canaris. En Championnat, on a déjà pu assister à 77 épisodes. Un chiffre pas vraiment anodin. 1977, c'est l'année d'une confrontation folle entre les deux formations. Le onze de Robert Herbin se dresse face à l'équipe de Jean Vincent en demi-finale de Coupe de France. A l'époque, on a droit à une double confrontation. En Championnat, «c'étaient les deux matchs de l'année», assure Maxime Bossis, défenseur du FC Nantes à l'époque (1973-1985 et 1990-1991) et aujourd'hui consultant chez beIN Sports. Avec la Coupe, on double le plaisir. Les Nantais l'emportent 3-0 à l'aller. Les Verts comblent le déficit à Geoffroy-Guichard et poussent les Canaris à la prolongation. Les protégés de Robert Herbin gagnent 5-1 (lien vidéo 1). «Cette défaite reste gravée», avoue Maxime Bossis. Une confrontation à l'image des oppositions entre ces deux clubs : renversante et spectaculaire. La Coupe de France a d'ailleurs été un théâtre fructueux de leurs affrontements.
«Cui, cui, cui, les Canaris sont cuits»
En 1970, les Verts vengent le mauvais souvenir de 1966. En finale de Coupe de France, ils étrillent Nantes 5-0 (le plus gros écart pour une finale de Coupe de France). Georges Bereta anime alors le front de l'attaque stéphanoise: «Je crois qu'on marque de façon un peu chanceuse. Moi-même j'en ai mis un en faisant un une-deux avec le poteau (vidéo 2). A tel point que Salif (Keita) a fait la gueule car il n'avait pas marqué dans la finale.» Un récital. Comme pour venger la leçon de 1966. Les Nantais tiendront leur belle en quart de finale de la Coupe de France 1973. Après avoir perdu 2-0 à l'aller, le FCN gagne le match retour 5-1 après prolongation. L'occasion, pour les Canaris, de chambrer un peu. «A la fin du match, Didier Couécou (attaquant du FCN) avait parcouru la moitié du terrain, du rond central jusqu'à l'entrée des vestiaires, sur les genoux, se souvient Jean-Michel Larqué. C'était sûrement un pari, comme ça pour s'amuser.» Ces vieilles rivalités ne sont pas sans rappeler quelques souvenirs au conservateur du musée des Verts, Philippe Gastal. Notamment le chant taquin qui descendait parfois des tribunes de Geoffroy-Guichard: «Cui, cui, cui, les Canaris sont cuits.» Un refrain qui a toujours fait piailler ces drôles d'oiseaux de la Jonelière.

Florian Perrier

Demi-finale retour 1977 (5-1 ASSE, après défaite 3-0 à l'aller)

Finale Coupe de France 1970 (5-0 ASSE)

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