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Le retour à son meilleur niveau de Thiago Mendes fait beaucoup de bien à l'OL. (Icon Sport/Icon sport)
Ligue 1 - 21e journée

Avant Saint-Etienne - Lyon : Comment Thiago Mendes est redevenu crédible à l'OL

Auteur d'une saison très décevante l'an passé, le Brésilien renaît depuis plusieurs mois. De retour à son meilleur niveau, il s'est imposé au coeur d'un milieu lyonnais plus que fourni. FF se penche sur les raisons de ce regain de forme.

«Certains ne font pas forcément tout ce qu'il faut. Certains me déçoivent, je ne vais pas les citer, ils se reconnaîtront. La saison dernière, ils étaient les meilleurs dans leurs clubs. Aujourd'hui, ils sont l'ombre d'eux-mêmes.» La salve signée Jean-Michel Aulas à l'automne 2019 laissait peu de place aux doutes. A la sortie d'une nouvelle prestation décevante de l'OL contre Dijon (0-0), le président lyonnais avait Thiago Mendes en ligne de mire. Recruté pour 22 millions d'euros trois mois plus tôt, le Brésilien a été loin de répondre aux attentes pour sa première saison entre Saône et Rhône. Choisi par Juninho, pour coller au style de Sylvinho, Thiago Mendes sortait d'un superbe exercice 2018-19 avec le LOSC. Son profil technique devait remplacer Tousart à la pointe basse du milieu de terrain lyonnais.
 
Mais à l'image d'une équipe lyonnaise sans idées, le Brésilien s'est embourbé au fur et à mesure de la saison 2019-20. Lent, imprécis et désinvolte, il a progressivement disparu de la rotation lyonnaise. Au point d'être ciblé par les supporters et de se retrouver au cœur de rumeurs fustigeant son professionnalisme et son hygiène de vie. A l'été 2020, un départ est même envisagé. «On en a beaucoup discuté avec mon épouse et mon agent», reconnaissait le joueur en novembre dernier. Avant de finalement rester, pour le meilleur. Car depuis le début de cette deuxième saison à Lyon, Thiago Mendes n'a manqué que six des vingt matches de Ligue 1 de son club, dont trois à cause de suspensions. Depuis début octobre, Rudi Garcia l'a titularisé sur 11 des 12 rencontres pour lesquelles il était disponible. Son renouveau est tout sauf étranger à l'excellent début de saison des Gones.

Revenir à l'essentiel

Dans un milieu de terrain lyonnais d'une densité impressionnante, Thiago Mendes a d'abord regagné sa place grâce à son profil physique et défensif. Un comble pour un joueur initialement recruté pour sa qualité technique. Impressionnant début décembre lors de la victoire de l'OL contre le PSG au Parc des Princes, son apport cette saison n'a rien à voir avec celui de l'an passé. Devant la défense, il est redevenu le gratteur de ballons infatigable qu'il était à Lille. A la récupération, le Brésilien perturbe nettement les transmissions adverses. Passant de 1,34 à 2,02 passes déviées par match entre sa première et sa deuxième saison lyonnaise. Recentré dans un rôle beaucoup plus défensif, il s'éparpille beaucoup moins au pressing (14,7 pressions par match contre 19,8 en 2019-20) tout en s'y montrant bien plus efficace (37,1 % de réussite contre 27 %). Plus en confiance, il dispute plus du double de duels aériens par rapport à la saison dernière (2,52 duels aériens par match contre 1,15). Un retour à une attitude rugueuse et aux excès qui vont avec. A l'image de ses trois matches manqués pour suspension et de son tacle très appuyé sur Neymar en décembre dernier.
 
Avec ballon aussi, son rôle s'est éclairci dans une équipe lyonnaise axée sur la transition. Moins portés sur le contrôle du ballon, les Lyonnais ont retrouvé une structure beaucoup plus verticale depuis la fin de l'été. A la pointe basse du milieu de terrain, Thiago Mendes joue les rampes de lancement. S'il réalise sensiblement le même volume de passes réussies que l'an passé (51,3 passes réussies par match contre 51,5), l'ancien Lillois trouve bien mieux la profondeur (5,8 passes vers l'avant contre 4,78). Comme toute son équipe, Thiago Mendes limite ses transmissions horizontales sans prises de risques. Plus à l'aise physiquement, il se montre aussi capable d'accompagner le jeu plus haut sur le terrain et donne désormais 7,73 passes par match dans le dernier tiers, contre 5,82 la saison dernière. Rudi Garcia en a fait le garant de l'équilibre de son équipe létale en transition. «Thiago a mérité de rentrer dans cette équipe. Il a le jeu long le plus performant de l'effectif, il peut lancer les joueurs en profondeur, il est bon de la tête, c'est le plus défensif de nos milieux, il nous offre de la stabilité... Il en faut dans une équipe», soulignait le coach lyonnais.

L'effet Paqueta

Dans ce milieu de terrain très fourni, Thiago Mendes avait été relégué au second plan par l'arrivée de Bruno Guimaraes et l'éclosion de Maxence Caqueret en seconde partie de saison 2019-20. Pourtant, son regain de forme trouve aussi son origine dans une nouvelle arrivée, celle de Lucas Paqueta fin septembre. «Paqueta a un engagement, une envie et une agressivité qui donnent un plus. Son arrivée a aussi fait changer Thiago Mendes, qui a plus de confiance en lui, analysait Cris dans les colonnes de L'Equipe. Le foot, c'est parfois une pièce d'un puzzle qui change beaucoup de choses.» Lui aussi très solide physiquement, l'ancien de l'AC Milan brille dans le Rhône par sa qualité technique et sa capacité à briser des lignes balle au pied ou par la passe. Au cœur du jeu, c'est lui qui prend les responsabilités offensives et fait avancer le bloc lyonnais.
 
Aux côtés d'un joueur avec un tel volume, Thiago Mendes se voit délesté de responsabilités et hérite d'un rôle moins hybride que celui qui lui était confié l'année dernière. «Mon premier match contre Monaco s'était bien passé (NDLR : 3-0), j'avais fait deux passes décisives, mais j'ai ensuite senti quelque chose de lourd sur mes épaules, racontait d'ailleurs le principal intéressé en novembre pour expliquer sa première saison manquée. J'entendais Thiago Mendes par-ci, Thiago Mendes par-là... C'était vraiment lourd, on attendait trop de moi, il y avait beaucoup de pression concernant mon arrivée. C'était un très gros transfert et je me suis mis à ressentir toute cette attente comme un poids énorme.» Libéré de ce poids, le joueur aura pour défi de confirmer son retour au premier plan en cette deuxième partie de saison. Et celui de son club.

Quentin Coldefy

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6Phyl6 24 janv. à 10:59

filière brésilienne mais sans les pétro dollars du soft power, Gauchos ou alors tu parlais du " vrai" PSG de Rai et...Leo à l'époque où le championnat était encore équitable ?

Gauchos 24 janv. à 9:43

On dirait bien que l’OL a reactivé sa filière bresilienne avec Marcelo, Guimares, Mendes et Paqueta. On se croirait au PSG !

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