Erling Haaland, attaquant du Borussia Dortmund et de la Norvège. (Juergen Fromme/L'Equipe)
Allemagne - Dortmund

Bundesliga : un an après son arrivée au Borussia Dortmund, Erling Haaland est de plus en plus 9

À peine âgé de vingt ans, Erling Haaland a déjà fait évoluer son jeu et son registre au sein du Borussia Dortmund. Attaquant tout terrain lors de ses six premiers mois fulgurants en Allemagne, l'attaquant norvégien se focalise (encore plus) sur la finition cette saison. Explications.

Absent tout le mois de décembre en raison d'une blessure aux ischio-jambiers, Erling Haaland a vu le Borussia Dortmund s'éloigner de la course au titre en Bundesliga et son entraîneur Lucien Favre être remercié après l'affront subi face au VfB Stuttgart (1-5), remplacé par l'un de ses adjoints, Edin Terzic. Pour son retour à la compétition le week-end dernier face à Wolfsburg (2-0), l'ancien du Red Bull Salzbourg n'a pas marqué, comme lors de son apparition précédente face à Cologne (1-2, le 28 novembre), ce qui représente un petit événement tant l'avant-centre de 20 ans est habitué à affoler les statistiques. Face à Leipzig ce samedi, il sera donc particulièrement attendu, lui qui avait d'ailleurs inscrit un doublé en juin dernier face au RBL pour sécuriser la seconde place du BVB (2-0). Mais sept mois plus tard, c'est un Haaland (un peu) différent qui se présentera face aux hommes de Julian Nagelsmann.

Voir : la fiche d'Erling Haaland
Plus proche du but adverse, moins impliqué dans la construction
L'ouragan est toujours aussi ébouriffant, mais un an après son arrivée en Allemagne, Erling Haaland semble en effet déjà avoir muté. À première vue, rien de flagrant : pour un temps de jeu quasi-similaire toutes compétitions confondues avec le Borussia Dortmund (1288 minutes en 2019-20, 1197 en 2020-21), le cyborg norvégien est passé de 16 buts et 2 passes décisives à 17 buts et 3 passes décisives. En même temps que son nombre de tirs tentés (de 2,93 à 4,14 par 90 minutes), le volume de ses occasions nettes a augmenté (de 0,64 à 0,98 xG) comme sa moyenne de buts (de 1,12 à 1,28), et ce malgré un déchet légèrement plus important (de 57,1 à 52,7% de tirs cadrés).
Si le colosse se retrouve encore plus impliqué à la fin des actions de son équipe (ses moyennes de passes clés et de passes décisives ont également augmenté), c'est parce qu'il a légèrement délaissé les phases de construction. Plus focalisé sur la dernière passe ou la frappe, Haaland tente beaucoup moins de dribbles que lors de ses premiers mois dans la Ruhr (de 2,39 à 1,93 par 90 minutes, avec un bond en terme d'efficacité), et s'il touche sensiblement le même nombre de ballons (28,7 contre 31,1), il se trouve nettement plus proche du but adverse (7,9 ballons touchés dans la surface par 90 minutes cette saison, ''seulement'' 5,51 en 2019-20). Le nombre moyen de passes délivrées par le Golden Boy 2020 n'a pas évolué (de 14,5 à 14), mais elles parcourent moins de terrain vers l'avant (de 31,8 mètres gagnés par la passe en moyenne à 23,6). On observe ainsi ci-dessous une nette différence dans ses "heatmaps" d'une saison à l'autre.
Les zones d'activité d'Erling Haaland la saison dernière lors de ses premiers mois à Dortmund. (Capture d'écran Wyscout)
Les zones d'activité d'Erling Haaland la saison dernière lors de ses premiers mois à Dortmund. (Capture d'écran Wyscout)
Cette saison, Erling Haaland concentre son activité dans et autour de la surface de réparation. (Capture d'écran Wyscout)
Cette saison, Erling Haaland concentre son activité dans et autour de la surface de réparation. (Capture d'écran Wyscout)

Une nouvelle évolution à venir ?

Alors que le Norvégien avait impressionné par ses qualités dans le jeu vertical l'an dernier -en plus de son intelligence de déplacements hors-norme dans la zone de vérité- on le voit cette saison se comporter plus régulièrement comme un numéro 9 «à l'ancienne». Et son implication sans ballon a fortement chuté (de 1 à 0,17 tacles et interceptions par 90 minutes, de 14,1 à 10,8 actions de pressing). Une évolution qui peut paraître surprenante, d'autant que Dortmund a eu moins de facilités dans la création cette saison, payant notamment le rendement en chute libre de certains éléments majeurs (Sancho ou Brandt en particulier).

Alors qu'Edin Terzic a promis le retour à un style plus «énergique» et «courageux» pour combattre une certaine monotonie devenue trop récurrente sous Lucien Favre, Erling Haaland opérera-t-il avec son nouvel entraîneur un virage supplémentaire dans son évolution ? Il faudra évidemment plus que les 80 minutes jouées par le Norvégien la semaine passée pour en juger. On peut en revanche facilement imaginer qu'il continuera de chasser les buts, comme il l'a rappelé vendredi sur la chaîne Youtube de son club : «Je suis l'avant-centre, je dois produire des buts !» C'est ce qu'il a fait, cette saison, au cours de tous les rendez-vous majeurs de Dortmund auxquels il a participé (Gladbach, Bayern, Schalke 04 en Bundesliga, Lazio, Zénith, Bruges en Ligue des champions). Vite, la suite !
Réagissez à cet article
500 caractères max
ADS :