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Trent Alexander-Arnold (Liverpool) affronte le joueur d'e-sport Ryan Pessoa lors d'une partie de FIFA sur Twitch.
Super Ligue

L'e-sport, coupable idéal de la Super Ligue

Les jeux vidéo et le sport en ligne en particulier ont souvent été cités par les patrons des clubs fondateurs de la Super Ligue comme des potentiels concurrents.

Florentino Pérez et Andrea Agnelli, les présidents du Real Madrid et de la Juventus, avaient notamment ciblé, lors de l'annonce de la création de la Super Ligue, l'industrie vidéoludique et sa branche compétitive comme des concurrents dans la captation des jeunes audiences. Qu'en est-il réellement ?
Si l'e-sport n'a pas dépassé le football dans les coeurs de la majorité des jeunes fans, la discipline y prend de plus en plus de place. « En Chine et dans une partie de l'Asie, par exemple, les jeunes générations regardent plus naturellement des compétitions de League of Legends que du football », assure Xavier Oswald, cofondateur de Gozulting, une entreprise de conseil spécialisée dans le gaming, et ancien d'OG et Vitality, deux clubs majeurs du sport électronique. L'Europe aussi est concernée : accessibles, connectés, excitants, l'e-sport et des clubs comme Vitality, G2 ou Fnatic, encore méconnus du grand public, attirent de plus en plus de jeunes passionnés par la compétition.

Une rivalité en audience et marketing

« Prenez le profil type d'un supporter d'un club d'e-sport comme la Karmine Corp en France : il est jeune, regarde les matches de l'équipe et les streams (*) de Kameto (Kamel Kebir, l'un des fondateurs de la structure) sur Twitch, dépense de l'argent pour s'acheter le maillot, joue aux jeux vidéo... Le temps disponible pour s'intéresser au foot pro, plus cher, éloigné de ses plateformes, de ses codes, est limit?, explique Sébastien Chenaf, cofondateur de WSC Group, une autre société de conseil spécialisée. « Au-delà de l'audience, il y a aussi une concurrence au niveau business, appuie Xavier Oswald. Les budgets de sponsoring des marques ne sont pas extensibles à l'infini et celles-ci arbitrent de plus en plus en faveur de l'e-sport. »
Plusieurs clubs de foot ont tenté de faire de l'e-sport un allié en s'y investissant. Présent dans l'e-sport en Asie, le PSG fait partie des bons élèves en la matière avec Schalke 04 (qui a investi plus d'une dizaine de millions d'euros) ou Manchester City, dans une moindre mesure. « C'est un bon moyen de compléter son dispositif de marque », affirme Oswald. Chenaf estime, lui, qu'un engagement intelligent aide les clubs, pas le sport : « Schalke 04 et le PSG parviennent à toucher une autre audience, c'est vrai. Mais pour moi, ça n'assiste en rien le produit football, qui se renouvelle peu. »
(*) Les streams sont des diffusions en direct, sur Twitch essentiellement.
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Sintineddi 4 mai à 11:29

Ridicule.

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