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Geoffroy-Guichard va accueillir du personnel soignant samedi soir. (A. Réau/Lâ?™Équipe)
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Saint-Étienne, marquée au fer vert

Désignée ville la plus foot de France par la grande étude menée par FF, Saint-Étienne s'appuie sur une relation unique entre ses habitants et "leur" équipe, fierté d'un peuple dont la passion est, encore aujourd'hui, une raison de vivre.

«Ici, on naît supporter de Saint-Étienne et on devient fan de foot, pas l'inverse.» Difficile de faire plus concret que ce résumé tranchant de Loïc Perrin, figure de la cité forézienne et de l'ASSE durant près de deux décennies. L'ancien défenseur et capitaine des Verts, aujourd'hui consultant pour Téléfoot, explique ainsi ce qui différencie "Sainté" du reste du pays : «Tout part des années 1960-70. Un vrai amour est né grâce à cette épopée, et il s'est transmis de génération en génération. Il a perduré malgré les mauvais résultats du club par la suite. À Saint-Étienne, petite ville ouvrière, tout le monde aime le foot. Et tu ne peux pas aimer le foot ici sans aimer l'ASSE.» Pour s'en convaincre, il suffit de ressentir la frustration de chaque Stéphanois face à la situation actuelle, de l'entendre soupirer et espérer pouvoir retrouver "son" Geoffroy-Guichard, retourner supporter "son" équipe. «On vit pour ça, si on nous l'enlève, on n'a plus rien...»
 
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Un stade, un public, une équipe

Ancien fief minier, pas épargné par la crise industrielle dans la première partie de XXe siècle, Saint-Étienne a souffert de diverses idées reçues, et a trouvé à travers son club de football une magnifique échappatoire hebdomadaire, un vecteur de fierté rare et précieux. L'histoire d'une rencontre parfaite entre un stade, un public et une équipe. Un lien renforcé par les résultats probants et l'aura des Verts de la grande époque, mais qui n'a pas souffert du temps qui passe, ni des joies qui se raréfient. «Quand le Stéphanois se lève, il pense football, explique le coprésident de l'ASSE, Roland Romeyer. Quand il déjeune, il pense football. Le soir, il boit un coup, il pense football...» Et personne ne se risque à défier la tradition verte. «C'est dans notre sang ! Tous les jours, on organisait des parties de foot au pied des bâtiments, et personne n'osait porter un maillot d'une autre équipe française, raconte Alexis Ajinça, basketteur international natif de Saint-Étienne. Et alors si c'était Lyon... Bagarre obligée ! Si tu supportais une autre équipe, tu ne le disais pas ! On se sent un peu comme le village gaulois contre les Romains. C'est un peuple très chauvin, qui adore sa ville, sa région, fier de son patrimoine.»

«Une intensité émotionnelle qui vous marque à vie» (Julien Sablé)

Et s'il y a bien une entité qui prend beaucoup de place dans ce patrimoine, c'est l'ASSE. Inutile d'évoquer la pluie, le beau temps ou la politique dans une discussion improvisée au coin d'une rue. Ici, ce sont les Verts et rien d'autre. «C'est un village, il n'y a que des supporters ! sourit Julien Sablé, ancien capitaine désormais entraîneur adjoint du club stéphanois. Ça ajoute de l'effervescence, parce que le foot est le fanion, l'étendard, le moteur, la locomotive de cette ville. Quand ça va moins bien, on ne va pas acheter son pain de la même manière, il faut se faire tout petit. Et quand c'est positif, vous prenez une intensité émotionnelle qui vous marque à vie.» À tel point que, comme beaucoup d'autres, Julien Sablé - qui a également vécu à Marseille, Lens, Nice ou Bastia, autres lieux forts du foot en France - est revenu s'installer à Saint-Étienne après sa carrière. Il y a des liens qu'on ne retrouve nulle part ailleurs...

Cédric Chapuis
L'intégralité de notre étude «Quelle est la ville la plus foot de France ?» est à retrouver cette semaine dans France Football, disponible mardi en kiosque ou dès maintenant en version numérique en cliquant ici.
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