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de gauche à droite : six (didier), genghini (bernard), rocheteau (dominique), giresse (alain), tigana (jean), tresor (marius), janvion (gerard), bossis (maxime), amoros (manuel), ettori (jean luc), platini (michel) (L'Equipe)
Mon match de légende

Mon match de légende : France-RFA 1982, «au firmament de ma mémoire de fan de foot»

Dans le cadre du Top 50 des matches de légende à retrouver dans le nouveau numéro de France Football, nous vous avons invités à nous raconter VOTRE soirée inoubliable. Nouvel épisode avec le terrible mais mythique France-RFA de 1982, demi-finale de la Coupe du monde.

Inoubliable et resté dans l'histoire du football. Mon choix se porte, et c'est très subjectif, sur le France-RFA du 8 juillet 1982, «la nuit de Séville». Bien sûr, l'équipe de France a, depuis, connu bien d'autres moments inoubliables : les victoires en Coupe de Monde (quel bonheur !), en Championnat d'Europe, l'élimination dramatique du 17 novembre 1993 face à la Bulgarie. Mais celui-là, malgré cette défaite maintes fois ressassée reste au firmament de ma mémoire de fan de foot.
Tenter de l'expliquer en quelques mots est difficile voir impossible : cela relève du défi que de laisser transpirer l'atmosphère de cette soirée d'été. Je n'avais jamais connu auparavant cette identification au collectif de l'équipe nationale. Les Bleus, lors de cette Coupe du monde espagnole, lors de ce match particulier, n'avait jamais autant fait chavirer ma raison. Les Bleus sont nés en mon cœur de supporter cet été-là et essentiellement ce soir-là.
La détresse de Janvion et de Tigana pour une France marquée à vie après cette soirée. (L'Equipe)
La détresse de Janvion et de Tigana pour une France marquée à vie après cette soirée. (L'Equipe)
Quarante ans après, je me demande encore si France-Allemagne ne m'a pas plus appris que ma première expérience professionnelle, contribuant ainsi à la construction de mon identité d'homme.
La disette était terminée : moquée, au mieux ignorée, depuis les années Raymond Kopa, Just Fontaine et consorts, d'un bond sévillan, elle reprenait ses droits qu'elle n'aurait pas dû perdre. La chaleur, le scénario, l'espoir, l'injustice, la joie, la peine, la colère en ont constitué les matières premières. Tout ceci inscrit désormais dans mon patrimoine génétique de jeune ado fan de foot. Cet été m'a fait grandir : j'ai travaillé et regardé les matches. Quarante ans après, je me demande encore si France-Allemagne ne m'a pas plus appris que ma première expérience professionnelle, contribuant ainsi à la construction de mon identité d'homme.
 
Jean-Baptiste Henry
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Chris67 17 janv. à 8:31

Je pleure de joie devant le but de Marius Trésor mon idole de ma jeunesse, on sort la bouteille de champagne , véridique. Les bulles auront un goût amères. J'en ait encore les frissons.

ch.bour34 15 janv. à 14:48

quelle dramaturgie!! du grand art !! la joie de giresse quand il marque, la peine de tigana a la fin, la main de platini qui prend celle de battiston. et un hidalgo électrisé,révolté et impuissant, comme nous tous.

philippedubois59 14 janv. à 17:31

le TOP du TOP des souvenirs du foot Français.....et c'était quand même bien cette époque ou la FRANCE jouait en BLEU BLANC ROUGE......n'en déplaise à NIKE

RensenbrinkRIP 14 janv. à 17:29

Vraiment très bien écrit, Mr Henry! Du fait de cette demi-finale, je n'avais pas pu regarder la finale de la coupe du monde Italie-RFA tellement ce match m'avait dégoûté (Schumacher, Corver). C'est la seule finale de CM ratée depuis que je suis passionné par le foot (1976).

ghys59 14 janv. à 15:56

La première coupe du monde que j'ai vue (à la télé), est celle des tricheries anglaises de 1966 avec un président anglais de la FIFA, Stanley Rous, ouvertement partisan. Le match de Séville, en termes de beauté, de dramaturgie, d'émotions, de grandeur d'âme, de suspense, d'insondable tristesse, supplante tous les autres. Quelle soirée! J'ai mis six mois à m'en remettre...

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