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gignac (andre pierre) fonte (jose) rui patricio pepe griezmann (antoine) guerreiro (raphael) (F.Seguin/L'Equipe)
Mon match de légende

Mon match de légende : Portugal-France 2016, «je comptais bien être le dernier à partir des Champs Elysées le lundi matin»

Dans le cadre du Top 50 des matches de légende à retrouver dans le nouveau numéro de France Football, nous vous avons invités à nous raconter VOTRE soirée inoubliable. Nouvel épisode avec une finale d'Euro 2016 tristement inoubliable pour ce lecteur.

Cette histoire commence en 2010. J'ai 23 ans, avec l'attribution de l'Euro 2016 que je regarde à la télévision. L'enveloppe s'ouvre, la France remporte l'organisation. Mon premier réflexe est de dire : «Je ferai la finale avec mon frère.»
 
2015. Les places sont mises en vente, ce qui entraînera des querelles dans la bande de copains sur la composition des quatuors si des places sont obtenues. Encore aujourd'hui, par moment, on se lance des piques en étant un peu taquins sur cet épisode. Je fais des demandes pour le match d'ouverture France-Roumanie, pour le quart de finale qui se jouera à Bordeaux (c'est le stade le plus proche de chez moi, étant d'Angoulême) et pour la finale si la France se qualifie. J'obtiens quatre places pour la finale. Mes amis ont, eux, le match d'ouverture.

Le plein de confiance

L'Euro se déroule. Je ne pense pas à la finale. Je prends conscience que je peux aller voir la finale de l'Euro lorsqu'Antoine Griezmann met le second but face à l'Allemagne. C'est la folie. Avec ceux qui vont m'accompagner, on se répète cent fois qu'on va aller au Stade de France pour la finale ! En plus face au Portugal de Cristiano Ronaldo, notre joueur préféré à tous les quatre. Le Portugal fait un Euro moyen, avec une troisième place en poules et des tristes matches de qualification. On est donc plutôt confiants comme à peu près toute la France.
Souvenirs d'Euro.
Souvenirs d'Euro.
Je mets les billets sous ma casquette. On arrive à pied vers le Stade de France. Je retire ma casquette pour mieux la mettre. Et si mon ami n'avait pas été derrière moi, on aurait perdu les quatre places qui étaient tombées par terre...
Je suis sur un nuage jusqu'au 10 juillet et à ce poteau d'André-Pierre Gignac que je n'ai toujours pas digéré aujourd'hui. Ce dimanche commence par un choix de maillot de mon frère que j'ai du mal à comprendre : il choisit le maillot du Real Madrid floqué du numéro 7 de Cristiano Ronaldo et il supportera le Portugal... Je vérifie dix fois si j'ai les billets. Arrivés à Paris, on passe tout près de ne jamais voir le match. Une personne nous dit : «Faites attention aux pickpockets, ils rodent beaucoup autour de ce type d'évènement.» Je mets les billets sous ma casquette. On arrive à pied vers le Stade de France. Je retire ma casquette pour mieux la mettre. Et si mon ami n'avait pas été derrière moi, on aurait perdu les quatre places qui étaient tombées par terre... Je pense que j'aurais fait le retour Paris-Angouleme à pieds si je les avais perdus.
Saurez-vous deviner le supporter de Cristiano Ronaldo sur cette photo ?
Saurez-vous deviner le supporter de Cristiano Ronaldo sur cette photo ?
On n'abuse pas de la batterie de nos téléphones car on compte bien finir sur les Champs Elysées en cas de victoire.
Autour du stade, c'est l'effervescence. C'est dingue, on vit ce moment ! Les joueurs rentrent. Echauffement, clapping, on prend deux ou trois photos de groupe pour immortaliser ce moment. Mais on n'abuse pas de la batterie de nos téléphones car on compte bien finir sur les Champs Elysées en cas de victoire. Je comptais bien être le dernier à partir des Champs Elysées le lundi matin. Si j'avais su, j'aurais abusé de photos dans le stade... Entrée des deux équipes, les hymnes, quel frisson. Le match commence et les Bleus se procurent très vite des occasions. Cristiano doit vite sortir sur blessure. Mon frère est dégouté. Mais on se dit : «Ok, tout va bien, le meilleur joueur sort, une chance en plus pour notre équipe de France.» Le parcage portugais fait beaucoup plus de bruit que le reste du stade qui est acquis aux Bleus.
Et Eder crucifia les Bleus. (F.Seguin/L'Equipe)
Et Eder crucifia les Bleus. (F.Seguin/L'Equipe)
Moussa Sissoko sort gros match, les occassions s'enchaînent, les minutes filent et toujours 0-0. A l'entrée d'Eder, on se moque un peu car on voyait ces matches en Ligue 1 donc on était peu inquiets. Quelle erreur. Et arrive la 90e minute. On sent qu'on va aller en prolongation mais que tout est possible. Patrice Evra déborde, fait sa passe à Gignac et là... Crochet qui met Pepe, pourtant impériale pendant le match, à terre. Frappe. Poteau. On se regarde, on se dit c'est foutu. La prolongation nous donne raison avec cette climatisation d'Eder. Le public portugais exulte. Les Bleus n'ont plus les jambes donc on sait que le match est plié. Fin de la fête et de ce qui aurait dû être un des plus beaux jours de ma vie. La déception est totale et voir mon frère satisfait pour le Portugal et Cristiano Ronaldo me donne la rage.
 
Silence de cathédrâle sur le retour. Un coup de massue. Et se remémorer le poteau de Gignac qui hantent nos pensées.
Vivien
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ch.bour34 15 janv. à 14:59

quelle soirée, et ce but de nul part. une équipe portugaise boosté par un ronaldo presque aussi efficace sur la touche que sur la pelouse. quel joie et quelle recompense pour tout le peuple portugais.

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