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aholou (jean eudes) lienard (dimitri) martinez (pablo) (L.Argueyrolles/L'Equipe)
Mon match de légende

Mon match de légende : Strasbourg-Lyon 2018 et «le coup franc mythique» de Dimitri Liénard

Dans le cadre du Top 50 des matches de légende à retrouver dans le nouveau numéro de France Football, nous vous avons invités à nous raconter VOTRE soirée inoubliable. Nouvel épisode avec une rencontre restée dans les coeurs du côté de l'Alsace.

Originaire de Strasbourg, je suis avant tout un fan inconditionnel du Racing Club de Strasbourg Alsace qui représente parfaitement mes valeurs, mais je supporte également d'autres clubs aux valeurs communes comme les Reds de Liverpool où la ferveur du public me rappelle les soirées de gala à la Meinau.
J'ai regardé d'innombrables matches du Racing, mais si aujourd'hui je dois en retenir un seul, ce serait un Strasbourg-Lyon du 12 mai 2018. 37e journée. Le Racing dispute son maintien alors que l'OL joue la deuxième place et une qualification directe en Ligue des champions. Ce soir-là, je me rends au stade avec mes deux meilleurs amis, en espérant que la Meinau soit le théâtre d'un miracle. La ferveur du public laisse d'ailleurs présager une ambiance incroyable tout le long du match. Le Racing prend rapidement les devants avec l'ouverture du score de Bahoken. Les Strasbourgeois poussent encore et sur un corner botté par Liénard, le ciseau de Corgnet est dégagé par le montant, de quoi empêcher l'un des plus beaux buts de la saison.
La communion a duré de longues minutes. (L.Argueyrolles/L'Equipe)
La communion a duré de longues minutes. (L.Argueyrolles/L'Equipe)

«Ca, c'est un coup franc pour Dim Dim»

Après la pause et après avoir consulté les résultats des concurrents directs au maintien, l'OL transforme un penalty par Fekir après une faute de Martinez. Relancé, Lyon prend le jeu en main, multiplie les passes et trouve finalement la faille suite à un une-deux entre Depay et Aouar. 71e minute, 1-2. Pas abattue, la Meinau pousse toujours les siens. Cela va avoir son importance et Thierry Laurey va faire des choix décisifs. Entré en jeu quelques minutes auparavant dans ce rôle de supersub, Da Costa va redonner espoir dans un moment où nous voyons les minutes défiler. 2-2, 88e. Espoir retrouvé et ambiance de feu pour les minutes restantes. Jamais le sens de l'expression du douzième homme n'aura pris autant de sens. Surtout que le miracle qu'on attendait tous arriva. Fin du temps réglementaire, Da Costa, véritable feu follet depuis son entrée, obtient un coup franc à l'entrée de la surface, côté gauche. Avec mes amis on se dit : «Ca c'est un coup franc pour Dim Dim.» En l'occurence Dimitri Liénard.
94e minute, 3-2 et une Meinau en feu comme je ne l'ai jamais vu. On aurait dit qu'on venait de remporter la Coupe de Monde. Et, à nos yeux, c'était le cas.
C'est bien lui qui prend le ballon. L'attente qui commence est alors longue. J'ai l'impression de revoir cette scène au ralenti. Du Kop où nous sommes, Liénard place son ballon face à nous et puise son énergie dans nos encouragements. Certains ferment les yeux, d'autres sortent les portables pour filmer ce coup franc qui deviendra mythique pour nous. Tout le monde se tient prêt à vivre et partager ensemble un grand moment de football. Le coup de pied est un «pétard» lucarne opposée comme l'intéressé le dira si bien. 94e minute, 3-2 et une Meinau en feu comme je ne l'ai jamais vu. On aurait dit qu'on venait de remporter la Coupe de Monde. Et, à nos yeux, c'était le cas. C'est pour moi le plus beau match que j'ai vu et un des plus beaux moments que j'ai vécu. Surtout quand on repense à 2011, quand le club a failli disparaître, avant de ressusciter en démarrant de la CFA2 jusqu'à aujourd'hui.

William Bitzner
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